Sandale de romain. © Verlinden.

 

 

Provence 7

Routes Romaines en Provence


 

 

 

 

 

  • Les Romains sont des terriens, des agriculteurs, des éleveurs, des commerçants, des conquérants… Leur première qualité est de savoir tisser des liens.
  • Rome, ses familles et ses alliés multiplient les traités et les accords signés avec d’autres cités et d’autres peuples.
  • Le Droit Romain et les Routes sont les deux grands ciments de ces coopérations qui tout en s’adaptant perdurent.
  • Le premier axe prioritaire pour les Romains, et probablement le plus fructueux, a été l’axe Rome – Pointe sud de l’Espagne.
    1. La Via Domitia est la première route qu’ils construisent sur cet axe.
    2. La Via Aurelia, plus directe, est mise en route dès que les Alpes-Maritimes sont pacifiées.
  • La seconde priorité a été la route vers le Nord qui passe par Lyon.
    1. La Via Agrippa a structuré cet axe.
  • Les Romains ont apporté et développé beaucoup de savoir-faire routier dans les Gaules.
    1. Les Romains n’ont pas structuré les espaces à partir de rien.
    2. Il existait un réseau de voies de communications.
    3. Les Germains et les Gaulois avaient des connaissances avancées en matière de routes et de véhicules.
      1. Ce point est à rapprocher du vocabulaire routier romain qui fait de large emprunts à la langue des Celtes.
      2. ex. mots sur la base de « Car« 

 

 

Routes et Itinéraires pré-romains


 

 

  • Les Romains n’arrivent pas dans un désert.
    1. Les Romains rencontrent des réseaux de chemins bien structurés.
    2. Il existe des grands axes de circulation à longue distance.
    3. Les chemins de circulation locaux sont denses, bien maillés et opérationnels
  • Les Romains trouvent également dans les Gaules, des conditions très favorables à la circulation.
    1. La péninsule italienne est bien moins favorisée que les Gaules du fait des reliefs.
    2. Seule la partie nord de l’Italie offre de réelles possibilités.
      1. Elle constitue déjà les Gaules, puisqu’il s’agit de la Gaule Cisalpine.
  • Il est intéressant  de noter que la plupart des mots du vocabulaire romain des transports terrestres ont des racines celtes.
    1. La racine carrus est ainsi très présente dans les véhicules routiers.
  • La réputation des voitures « faites en Gaule et en Germanie » est excellente notamment pour leur solidité.
    1. Les Celtes ont une grande maîtrise des métiers du bois et de la ferronnerie.
    2. Les Celtes sont réputés pour leurs productions d’engins : chars, charrettes, engins agricoles…
  • Les métiers que nous désignons aujourd’hui sous le terme de « logistique » trouvent dans les Gaules les conditions les meilleures pour se développer.
    1. Les conditions pour développer un commerce terrestre sont excellentes.
    2. Il en sera de même pour le réseau fluvial.
    3. Les Grecs ont développé leur civilisation par la mer, les Romains trouvent dans les Gaules les conditions de leur essor futur par les échanges terrestres et fluviaux.
  • Face à cette opportunité, les Romains apportent leur détermination et leurs méthodes de travail.
    1. Les ingénieurs romains vont tirer le meilleur partie de ces conditions favorables.
    2. En quelque sorte « les Romains vont structurer tout cela rationnellement. »

 

 

Carte-Voies-Romaines

Les trois grandes routes romaines en Provence. © Patrick Verlinden.

 

 

Les 3  Grandes Routes Romaines


 

 

La Via Domitia

 

  • C’est la plus ancienne route de France.
  • v. 120 av. J.-C.  Les Romains viennent de pacifier le sud des Gaules pour le compte des Marseillais.
    1. Les Romains réalisent l’opportunité  de développer l’axe Italie – Espagne en raison des richesses légendaires de la péninsule ibérique (agriculture, métaux, pêche, art de vivre…).
    2. Les Romains créent la Narbonnaise, une Province qui recouvre à peu près PACA et le Languedoc-Roussillon actuels.
    3. Cneus Domitius Ahenobarbus décide créer la route à laquelle il donne son nom Domitia.
    4. La route part de Milan, passe les Alpes au Col du Montgenèvre, suit la Durance jusqu’à Ernaginum, au Nord d’Arles, entre Fontvieille et Tarascon.
      1. La chapelle Saint-Gabriel sera érigée à cet endroit.
    5. La Via Domitia se poursuit vers l’Espagne par un itinéraire proche de l’autoroute actuelle avec une fourche pour passer les Pyrénées par Port VendresCol de Banyuls ou le Col de Perthus.
  • Les étapes de la Via Domitia en Provence sont les suivantes.
    1. Brigantio / Briançon (05)
    2.  / Chorges ?.
    3. Eburodunum./ Embrun (05)
    4. Caturigomagus / ? (05)
    5. Vapincum / Gap (05)
    6. Segustero / Sisteron (04)
    7. Alaunium / Lurs N.-D. des Anges (04)
    8. Catuliacia / Céreste (04)
    9. Apta Julia /Apt (84)
    10. Cabello / Cavaillon (84)
    11. Glanum / St-Remy-de-Provence (13)
    12. Ernaginum / Tarascon (13)

 

 

La Via Aurelia (ex. Via Julia Augusta)

 

  • 13 av. J.-C. Construction de la Via Julia Augusta qui prend le nom du premier empereur qui vient de pacifier les Alpes-Maritimes et le Var actuels qui posaient des problèmes de sécurité.
  • Cette route est plus directe que la Via Domitia. Elle est  par conséquent, plus intéressante pour les militaires et pour les commerçants.
  • L’itinéraire est le suivant :
    1. Entrée dans les Alpes-Maritimes vers Menton
    2. In Alpes Summa / La Turbie (06)
    3. Cemenelum / Nice – Cimiez
    4. Vintium / Vence (06)
    5. Antipolis / Antibes (06)
    6. Traversée de l’Estérel.
    7. Forum Julii / Fréjus (83)
    8. Vallée de l’Argens et de l’Arc
    9. Matavo / Cabasse (83)
    10. / Brignoles (83)
    11. Turris / Tourves (83)
    12. Aquae Sextiae / Aix-en-Provence (13)
    13. Pisavi / Pélissane (13)
    14. TericiaeMouriès (13)
    15. Ernaginum / Tarascon (13). Elle rejoint la Via Domitia.

 

 

La Via Agrippa

 

 

  • « Agrippa a choisi Lugdunum pour en faire le point de départ des grands chemins de la Gaule, lesquels sont au nombre de quatre et aboutissent, le premier, chez les Santons et en Aquitaine, le second au Rhin, le troisième à l’Océan et le quatrième dans la Narbonnaise et à la côte massaliotique » (Strabon, historien et géographe romain)
  • Lyon / Lugdunum, capitale des Gaules, devient le pivot de 4 axes
    1. Axe depuis le Sud et la Méditerranée, la Via Agrippa.
    2. Axe vers la Mer du Nord et la Grande-Bretagne, par Reims, Beauvais, Amiens dans le prolongement de la Via Agrippa.
    3. Axe vers le Rhin par Langres et Trêves.
    4. Axe vers l’Atlantique.Voie Aquitaine, de Lugdunum à Saintes.
  • L’axe Sud – Nord vers Lyon est fondamental.
    1. Il se développe très vite et nécessite un équipement majeur dont la conception revient à Agrippa, lieutenant et meilleur ami d’Auguste, qui lui donne son nom.
    2. Les dates de sa construction sont  discutées entre 39 av. J.-C. et 13 av. J.-C.
  •  Itinéraire de la Via Agrripa.
    1. Arles, Avignon, Montélimar, Valence / Valentia, Vienne, Lyon.
  • Sur la rive droite du Rhône se développe une seconde voie dite Voie d’Antonin ou Voie des Helviens.
  • 22 milliaires ont été trouvés sur la Via Agrippa.

 

 

Les autres voies romaines


 

 

  • Le principe général est que l’Etat prend en charge les grands itinéraires pour plusieurs raisons :
    1. La dimension stratégique.
    2. Le besoin d’excellence de la conception à la maintenance.
  • Les voies secondaires se composent de tronçons très variables :
    1. Les voies secondaires de liaison sont traitées avec grand soin.
    2. Les voies secondaires privées sont gérées par les personnes concernées.
    3. Via Rustica. Route se branchant sur une route consulaire pour desservir une ferme ou une villa.
  • Il reste un tissu de routes et chemins hérités des Celtes.

 

 

Conception des Routes romaines


 

 

Les fonctions des routes

 

  • Les routes romaines sont très fréquentées :
    1. Militaires.
      1. Pour se rendre sur un lieu de combat.
      2. Simple déplacement d’exercice ou de jonction.
      3. Pour se rendre dans des quartiers d’hiver.
      4. Déplacements individuels ou par petits groupes.
    2. Fonctionnaires et Politiques.
      1. Service des postes créé par Auguste.
      2. Architectes, ingénieurs.
      3. Gouverneurs, sénateurs… et leurs familles.
      4. Agents de l’état : juristes, services fiscaux…
    3. Commerçants.
    4. « Touristes » – Voyageurs.
      1. Déplacement d’agrément pour des vacances ou des visites.
      2. Visites de familles.
      3. Déplacements vers une résidence secondaire.
    5. Religieux, pèlerins.
      1. La naissance officielle du Christianisme sous Constantin est à l’origine de nombreux déplacements : prêtres, évêques, diacres, exorcistes, clercs…
  • On se déplace à pied, à cheval ou en voiture tractée par des chevaux, des mulets ou des bœufs.

 

La détermination des tracés

 

  • La rationalisation des itinéraires est l »un des apports majeurs des Romains aux systèmes routiers.
  • Plusieurs facteurs sont pris en compte par les ingénieurs spécialisés dans le tracé des routes :
    1. Distances les plus courtes, utilisation maximale de la ligne droite.
    2. Contraintes politiques et économiques : traverser les cités et desservir les points clés de l’empire.
    3. Minimiser les montées et les descentes.
    4. Eviter les facteurs aléatoires : zones inondables…

 

La construction des routes

 

  • Les sections pavées.
    1. Via Silice Strata. Route pavée.
    2. Souvent limitée aux entrées de villes pour des raisons économiques et de conforts.
  • Les sections non pavées.
    1. Via Terrana. Chemin de terre.
    2. Via Glarea Strata. Route sans pavage, revêtue de gravier.
    3. Pons Longus. Route en madriers, confectionnée pour traverser les marécages.
  • Les ponts.
    1. Les Romains qui maîtrisent parfaitement les constructions d’arcs sont passés maîtres dans la conception des ponts.
    2. Ponts en pierre, pont en bois, pont constitué de navires (ex. Arles), gués… Chaque passage difficile trouve sa solution.
    3. La capacité des ponts de pierre romain à durer jusqu’à nous en dépit de tremblements de terre, d’inondations, de vents forts, de trafics importants et des effets du temps démontre la qualité de conception et de construction des ponts romains.

 

La maintenance des routes

 

  • Système nerveux et sanguin de l’Empire romain, le réseau routier est l’objet de soins particuliers.

 

La vie sur les routes

 

  • Gites d’étapes / Mansiones
    1. Environ tous les 30 km, le voyageur normal doit pouvoir passer une nuit dans de bonnes conditions.
    2. Des équipements d’intendance (hôtellerie, restauration… sont prévus).
    3. Le voyageur doit pouvoir se divertir et des petits théâtres, odéons ou amphithéâtres sont prévus.
    4. Certaines métiers d’expertise se développent en matière administrative, de soins des personnes, des animaux, de maintenance du matériel…
    5. Ces relais prennent une telle importance qu’ils constituent encore la trame urbaine de la Provence d’aujourd’hui.
  • Relais de Poste / Mutationes
    1. Des relais moins importants que les mansiones sont prévus à mi-distance (à environ 15 km).
    2. Leurs fonctions de base sont de permettre les changements de chevaux et la restauration.
  • Bornes milliaires
    1. Ancêtres de nos bornes kilométriques.
    2. Le milliaire indique les distances sur la base de mille pas d’un militaire en déplacement (1,481 m : un pas droit et un pas gauche).
    3. Les milliaires portent souvent le nom du mécène qui les a offert.
  • Les types de  voitures
    1. Angaria. Chariot à quatre roues.
    2. Carpentum. Char à deux roues couvert d’une capote.
    3. Cisium. Cabriolet rapide à deux roues tiré par un seul cheval.
    4. Raeda. Chariot à quatre roues.
    5. Plaustrum. Chariot à quatre roues.
  • Voitures de location
    1. Les véhicules se louent.
    2. Plusieurs facteurs entrent dans le prix des locations :
      1. la taille du véhicule, ses prestations : cocher ou non, essieux silencieux ou non, couchettes, capotes, le fait de rapporter ou non la voiture…
  • Les chevaux, mulets et bœufs

    1.  Selon les contraintes de distance, de charge, de vitesse, de confort, de prix… des attelages différents sont choisis.
    2. Le types d’animaux et leur nombre détermine un grand choix d’options.
  • Les voyages
    1. La notion d’hospitalité est fondamentale dans le monde antique, notamment Grec et Romain.
    2. Les voyageurs importants disposent de lettres leur ouvrant les portes de notables qui les accueille chez eux.
    3. Des auberges de réputations variables accueillent les autres voyageurs.
    4. Les soldats campent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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