Intérieur de maison romaine. © istockphoto.com

 

 

Provence 7

Villas et Maisons de la Provence Romaine


 

 

 

 

 

L’Art de Vivre Romain devant nos yeux

 

 

  • Pendant longtemps les études du monde romain se sont concentrées sur les villes, les hauts personnages de l’Etat (empereurs, consuls, généraux…) et sur les grands monuments.
  • Depuis quelques années, le monde rural, la maison et l’art de vivre deviennent des objets d’études particulièrement riches.
  • Les raisons de cette évolution sont particulièrement pertinentes en Provence et la Provence Romaine devient un champ privilégié pour mieux comprendre cet « art de vivre romain ».
  • L’archéologie est incontestablement un fer de lance qui alimente l’historien de « faits » d’une grande densité.
    1. L’ouverture de nombreux chantiers tout autour de la Méditerranée.
    2. Les possibilités ouvertes par les techniques scientifiques d’investigation.
  • Les techniques de rénovation, de réhabilitation et de reconstitutions architecturales ont considérablement évolué au point de permettre des « mises en scène » plus implicantes.
  • Les reconstitutions théâtrales, cinématographiques ou pour des spectacles de rues font « vivre » le monde romain.
  • Les technologies d’images 3D ont véritablement explosé. Désormais, les images et les films sont d’un réalisme bouleversant. Les jeux vidéo participent à cette évolution en rendant le monde antique particulièrement proche et attrayant.
  • Les historiens ont ouverts de nombreux champs : les femmes, les enfants, les cosmétiques, la mode, les transports, l’alimentation et la gastronomie, la peinture, la décoration, l’architecture privée, la médecine, le sport…
  • Les médias spécialisés se sont multipliés (livres, magazines, émissions télévisées et de radio, sites internet, réseaux sociaux…).
  • Désormais, les nouvelles générations ne voient plus les Romains au travers de livres sans images et de ruines limitées… la connaissance et surtout l’intérêt pour l’histoire antique et médiévale sont immenses.

 

 

L’habitat romain en maisons

 

 

  • Les Romains les moins fortunés vivent dans des immeubles de location de plusieurs étages.
  • Les plus fortunés vivent dans une maison de ville (domus) ou dans une maison rurale (villa).
    1. Certains possèdent les deux avec un palais urbain et une ou plusieurs résidences secondaires à la campagne.
  • Au 1er siècle, on assiste au développement des maisons à la mer (villa maritima) dans des stations proches des grandes villes comme Rome mais aussi dans certaines provinces au premier rang desquelles la Narbonnaise.
  • La Provence vit toutes ces situations dont elle a gardé de magnifiques vestiges, chaque mois plus nombreux tant le réseaux de villas rurales a été dynamique.

 

 

Maisons de villes (domus)

 

 

Les principales parties de la maison

 

  • Ala. Pièce de service assez peu identifiée dans es fonctions.
  • Atrium. Petite cour intérieure avec bassin.
  • Cella. Pièce de service : cellier, chambre d’esclave, grenier, office….
  • Cour.
  • Cubiculum. Chambre.
  • Culina. Cuisine (mot d’où est dérivé « culinaire »).
  • Hortus. Jardin (mot d’où est dérivé « horticole »).
  • Impluvium. Bassin destiné à recevoir les eaux de pluie.
  • Oceus. Salon de réception.
  • Péristyle. Cour intérieure avec bassin entourée d’un portique.
  • Taberna. Boutique donnant sur la rue (le mot « taverne » en est dérivé).
  • Tablinum. Pièce de réception des  « clients » et bureau du maître.
  • Thermes privées.
  • Triclinium. Salle à manger.
  • Vestibulum. Vestibule.

 

 

Vaison-La-Romaine (84)

 

  • La capitale des Voconces, peuple celte allié des Romains, nous laisse des vestiges importants de Maisons qui s’apparentent souvent à des Palais.
    1. Maison du Buste d’Argent. 5 000 m2.
    2. Maison du Prétoire. 3 000 m2.
    3. Maison au Dauphin. 2 700 m2.
    4. Maison du Messii. 2 000 m2.
    5. Maison du Paon.

 

 

Maisons  rurales (villae)

 

 

  • Les villae de Provence étaient très nombreuses (plusieurs milliers).
  • Depuis une vingtaine d’années, les découvertes de villae romaines se multiplient. Chacune correspondait à une unité économique.
    1. L’organisation de ces « fermes » a évolué dans le temps sur une durée de 6 siècles (-120, + 476).
    2. Les techniques de construction, les modèles économiques ont profondément changé sur cette longue durée.
  • On assiste d’abord à une éclosion dans la  grande phase de développement de la civilisation romaines  (– 100, + 100).
  • Par la suite, on assiste à des phénomènes de concentration avec la disparition de petits domaines au profit de grandes exploitations.
  • Les siècles 4 et 5 sont moins linéaires.

 

 

Maison de bord de mer (Villa Maritima)

 

 

  • Avec la villa Taurœntum, la Provence dispose d’un fleuron dont toutes les ressources n’ont pas été explorées.

 

 

Saint-Cyr-sur-Mer (83)

 

  • Villa-Musée de Taurœntum.
    1. Un fondement grec.
    2. 1er s. av. J.-C. 4e s. Grand domaine gallo-romain prospère.
    3. Ensemble d’au moins trois villae.
    4. Remarquables mosaïques.
    5. Tombeau-maison unique en France qui contenait le sarcophage d’un enfant de 5 ans (contemporain du Christ) appelé Gaudentius.
    6. L’ensemble s’ouvrait sur la mer sur une promenade de plus de 100 m de long.
  • La découverte d’un vaste domaine à La Croix-Valmer ouvre des perspectives considérables et pourrait apporter de nouveaux éclairages sur la présence de l’empereur Constantin 1er en Provence.

 

 

L’architecture et la construction

 

 

L’architecture selon Vitruve

 

  • Le premier traité d’architecture connu est écrit par le savant romain Vitruve (v. -90 et v – 20).
    1. Le traité de Vitruve, De Architectura, est une somme qui nous fournit  l’essentiel des connaissances sur les techniques de construction de l’Antiquité classique.
    2. Militaire en Gaule, en Espagne et en Grèce, Vitruve est d’abord un constructeur de machines de guerre.
    3. Revenu à Rome, Vitruve devient architecte.
    4. Le traité de Vitruve est lu avec intérêt par tous ceux qui sont concernés par l’architecture durable tant sa pertinence en la matière est grande.

 

 

La décoration des maisons romaines

 

 

Mosaïques

 

 

Peintures murales

 

  • On a longtemps négligé la peinture sur les murs et sur les statues.
  • Comme dans les livres austères aux photos en noir et blanc, l’art antique a longtemps été pensé en blanc.
  • Nous savons maintenant qu’il y a avait une profusion de couleurs dans les textiles comme sur les murs et les meubles.
  • La peinture sur enduit est une technique très utilisée par les Gallo-Romains.

 

Parquets romains

 

  • Parquets en mosaïque.
  • Parquets en marbre.

 

 

Les jardins romains

 

 

Plantes et fleurs

 

  • Une grande variété de plantes entre dans les potagers et les jardins d’agrément.

 

Bassins et piscines

 

  • Les Romains ont, de tous temps, montré un attachement prioritaire pour l’eau.
  • Domi et Villae multiplient les bassins et même les piscines et les thermes privées.

 

Animaux domestiques

 

  • Dans les jardins, en dehors des animaux de ferme, toutes les espèces les plus exotiques sont présentes : chiens, chats, paons…
  • Les bassins présentent des poissons, on trouve même des murènes dans des maisons de bord de mer.

 

 

L’art de vivre en maison

 

 

  • Des changements très rapides affectent tous les domaines de la vie et portent l’art de vivre à très haut niveau matériel.
  • La Gastronomie est particulièrement raffinée, voire extravagante.
  • Les soins apportés aux corps (masculins et féminins) atteignent de très hauts degrés de sophistication : médecine, sport, cosmétiques et parfums….
  • Les transports routiers et maritimes connaissent des progrès très rapides :
    1. Equipements : routes, voitures, ports, navires….
    2. Services : location, assurance, réparation…
    3. Fréquence des déplacements et motifs de déplacement qui incluent désormais le « tourisme » et les allers-retours vers les résidences secondaires et les stations balnéaires.
  • Les loisirs, du cirque au théâtre, des thermes aux Odéons… sont variés et nombreux. L’écriture et la lecture se développent qu’il s’agisse d’une activité publique (bibliothèques) ou privée.

 

 

Evolution dans le temps

 

 

L’attrait des villes

 

  • Rome, la ville « Urbs« , développe la civilisation urbaine (un pléonasme…).
  • Les villes sont au centre de l’organisation de l’Empire avec des routes qui les relient.
  • La ville profite de l’appui de l’Etat et de l’engouement des mécènes qui sont en compétition dans chaque ville et entre les villes afin de les couvrir de monuments grandioses.
  • La ville concentre les pouvoirs politiques, économiques, religieux…
  • Rome dépasse le million d’habitants et en Provence Romaine les villes de bonne taille se multiplient.

 

Le retour à la campagne

 

  • Très vite, les riches et les intellectuels fuient l’agitation et les dangers de la ville pour se réfugier dans leurs campagnes.
  • Dans leurs villae, les élites jouent aux gentlemen farmers, parlent de retour à la nature, lisent Virgile et ses Georgiques, partagent les jérémiades de Cicéron et raillent la débauche du Satyricon de Petrone inspiré par la vie à Marseille et à Rome…
  • Dans les Provinces, notamment en Provence, la richesse est rurale. Les campagnes nourrissent les villes. Les productions de boissons et de denrées de qualité, voire de luxe, fournissent de beaux revenus autour de Marseille, dans le Vaucluse, la Vallée de l’Argens…

La fuite des villes

 

  • La débauche et la violence entraînée par des empereurs tels que Caligula, Néron, fait fuir.
  • L’anarchie de périodes noires causées par des régimes faibles ou des invasions ruinent des villes souvent incapables de faire face à leurs dépenses.
  • Les persécutions engagées par des fanatiques comme Dèce visent et touchent un grand nombre de victimes, plus particulièrement en Afrique.
  • Les dynamiques des mécènes, du mérite et de la citoyenneté romaine sont cassées par les lois (212 : la citoyenneté romaine est accordée à tous) et par la perte de crédibilité de l’Etat.
  • Ces facteurs de déclin touchent moins la Provence que d’autres territoires. Leurs effets sont également différents puisqu’ils ont pour conséquence de menacer les grandes exploitations agricoles privées de leurs débouchés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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