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Provence 7

Pénitents en Provence


 

 

 

 

 

  • Les confréries ou archiconfréries de pénitents sont des associations sans but lucratif qui rassemblent des chrétiens catholiques, laïcs femmes et hommes, dans la discrétion des actes de charité.
  • Les confréries sont placées sous la vigilance de l’évêque du diocèse qui autorise leur création.
  • En Provence, comme dans le sud de l’Europe et de la France, les confréries sont nombreuses, variées et elles ont une longue histoire.
  • Les mouvements commencent au 12e siècle et connaissent une extension particulière lors des grandes épidémies et après le concile de Trente (15451563).
  • La couleur des robes, chemises, frocs ou sacs varient selon les confréries et les lieux.
    1. Souvent la 1ère confrérie de la ville était blanche, la seconde noire, puis venaient le rouge, le bleu, le gris, le mauve, le vert sans ordre précis.
    2. Des couleurs seront vite liées à des confréries dont les noms sont variés «Saint-Esprit», «Saint Sépulcre», «Saint Suaire», «Très Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus Christ», «Sainte Croix», «Vierge de la Miséricorde», «Saint-Joseph»…
  • Chaque confrérie détermine une ou plusieurs actions de grâce : enterrement, soins aux malades, mont-de-piété, orphelinat, accueil des pèlerins…

 

 

La Notion de Pénitence

 

 

  • Une confusion existe sur la notion de « Pénitence » qui évolue au 12e s. vers la notion de « don de soi à l’autre » .
  • Les aspects de rachat des fautes et d’esprit de mortification ou de rachat des fautes sont moins importants sans toutefois disparaître.

 

 

Histoire des confréries de Pénitents en Provence

 

 

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  • La Provence Chrétienne est ici encore à la pointe avec :
    1. La création de la première Confrérie en Avignon.
    2. La diffusion forte autour des Franciscains et des Dominicains notamment.
    3. La place exceptionnelle que les confréries conservent partout en Provence et notamment dans le Comté de Nice.
  • 1175. Le pape Alexandre III ouvre aux laïcs une nouvelle voie à l’occasion de la confirmation des statuts de l’Ordre militaire de Santiago.
  • 1199. Pour la première fois, le pape Innocent III canonise un non martyr, non religieux, non noble : saint Hommebon, drapier à Crémone, en Italie.
  • 12e s. – 13e s. Création des ordres mendiants et apparition des béguinages en France, Flandre et Rhénanie. Dans le même temps, des compagnies d’humiliés se multiplient.
  • Il est difficile d’attribuer à une seule personne ni même à un seul mouvement ou ordre la pérennité des confréries de Pénitents.  Trois grandes lignées fondatrices peuvent être distinguées :
    1. Le Dominicain Ranieri est à l’origine des Flagellants qui relève de ce qui est communément désigné la pénitence noire faite de flagellation et de mortifications. Le mouvement se développe notamment en Italie et en Catalogne.
    2. 1215. Le 4ème Concile de Latran suivi de la Bulle du pape Honorius III, en 1221, mettent l’accent sur la pénitence blanche : promesse publique de se consacrer à Dieu, dans la charité mutuelle, l’amour du prochain et le refus de la violence. La fréquentation des sacrements est également soulignée.
    3. 1221. François d’Assise invente le Tiers Ordre ou Ordre des Pénitents ou Ordre des Frères de la Pénitence. Les laïcs peuvent vivre selon la règle des futurs Francisscains sans prononcer de vœux religieux.
  •  1226. 14 septembre. Création en Avignon de la première confrérie de Pénitents en France.
    1. Le roi Louis VIII revêt alors l’habit de toile grise, couleur de la cendre.
    2. Une procession se fait en ville.
    3. L’expiation des idées cathares en est le thème majeur.
    4. La Dévote et Royale Compagnie des Pénitents Gris d’Avignon existe toujours.
  • 1267. A Rome, saint Bonaventure crée un statut pour les laïcs au sein de la Confrérie du Gonfalon. Le mouvement connaît un développement rapide  :
    1. Le pape Clément IV lui apporte son plein soutien.
    2. Espagnols et Portugais en assurent la propagation rapide chez eux, dans les Flandres puis Outremer.
    3. Le système prend la forme d’organisations locales non pyramidales et non fédérées qui s’établissent au niveau géographique (quartier ou village) ou au niveau des professions et métiers.
  • 15451563. Le Concile de Trente développe la spiritualité tournée vers la démonstration : Dieu est glorifié par les Arts, la liturgie, les bâtiments, les processions publiques…
  • La Révolution française de 1789, la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905, les notions de piété intérieure et discrète valorisées par les Jésuites, les changements majeurs intervenus dans la sphère politique et dans celle des professions et des métiers ont affecté négativement les confréries.
  • L’importance donnée aux laïcs au sein de l’église, les tsunamis sociaux, économiques, politiques et religieux, les nouvelles dimensions prise par la misère redonnent quelque élan aux confréries.

 

 

Attributs des Pénitents

 

 

  • Longtemps presque exclusivement masculin, le mouvement s’étend de plus en plus aux femmes.
  • La tenue.
    1. Robes, chemises, frocs ou sacs.
    2. La corde en guise de ceinture. Elle symbolise :
      1. La pauvreté.
      2. L’obéissance aux commandements de Dieu.
      3. L’appartenance à la confrérie dirigée par un prieur élu par assemblée générale annuelle.
    3. La cagoule.
      1. Expression d’un désir d’anonymat.
      2. Masquer à l’extérieur les hiérarchies sociales qui ne prévalent pas en interne (un seigneur peut dépendre de son valet).
      3. Manifester de la modestie.
      4. Offrir des protections d’hygiène dans le contact avec les malades et les morts.
      5. Les femmes portent plutôt la mantille que la cagoule.
  • La couleur.
    1. Les couleurs sont le blanc, le gris, le noir, le rouge, le bleu, le vert, le mauve.
    2. Le choix des couleurs peut dépendre de l’ordre d’arrivée des confréries dans le secteur ‘ville ou quartier ou profession).
      1. Blanc pour les premiers arrivés.
      2. Noir pour les second, afin de bien les distinguer.
      3. Il n’y a pas d’ordre pour les couleurs suivantes.
    3. Les couleurs peuvent prendre un sens symbolique.
      1. Rouge est associé au sang du Christ, à la Passion…
      2. Gris évoque les cendres.
      3. Bleu lié à la Vierge Marie.
      4. Mauve naît de la scission des bleus…
  • Rapports entre confréries.
    1. Le mot « concurrence » est abusif dans l’esprit mais parfois réel dans les faits : concurrence pour les lieux, des dates, les préséances, les ressources financières, les missions, les recrutements…
    2. Il est plus correct de parler d’émulation. Chaque confrérie souhaite avec la plus belle chapelle, la meilleure réputation..
    3. Des réunions strictement religieuses ou de nature laïque peuvent rassembler les confréries.
  • Culture du Pays d’Oc, de l’Occitanie et de la Provence.
    1. Les Félibres ont toujours montré une grande proximité des confréries.
    2. Les Confréries de langues d’oc sont regroupées au sein d’une Maintenance des Confréries de Pénitents.
    3. L’implication personnelle de Frédéric Mistral a été forte en associant toutes les confréries de France et de la Principauté de Monaco.
  •  Double assise juridique des confréries.
    1. Associations relevant de la loi de 1901.
    2. Associations de fidèles selon les canons 298 à 326 du code du droit canonique.

 

 

Eglises, chapelles et oratoires de Pénitents en Provence

 

 

  • La mention « chapelle » signifie « chapelle des Pénitents Blancs« , « chapelle des Pénitents Gris »… selon le chapitre concerné.
  • Les hauts-lieux des confréries en Provence sont le comté de Nice, la Principauté de Monaco, Avignon, Carpentras, Marseille, Aubagne, La Ciotat

 

Pénitents Blancs

 

 

Pénitents Noirs

 

 

Pénitents Bleus

 

 

 

Pénitents Gris

 

 

Pénitents Rouges

 

 

Pénitents Violets

 

  • Vaucluse (84)
    1. Avignon. 18e s. Chapelle. Lieu de théâtre pendant le Festival d’Avignon. Façades inscrites. Privée. 1662. Schisme avec les Pénitents Bleus.

 

Pénitents Verts

 

  • Non renseigné.

 

 

 Confréries et Ordres de Chevaliers

 

 

  • Si les différences sont nombreuses, il est clair que des points de convergence se multiplient entre les confréries et les ordres de chevaliers.

 

 

 

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Les Pénitents de Pierre

 

 

 

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Pénitents de Pierre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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