Pâques en Provence. © Photobank – Fotolia.com.

 

 

Provence 7

Pâques et Semaine Sainte en Provence


 

 

 

 

 

 

  • Pâques, la grande fête chrétienne est profondément inscrite dans la vie et les traditions de la Provence.
    1. 314. La date officielle de Pâques est  fixée par l’empereur romain Constantin le Grand qui préside le Concile d’Arles qu’il a convoqué, 1er concile de l’histoire.
  • Le Vendredi de Pâques, Claudia Procula, l’épouse de Ponce Pilate qui intervient en faveur du Christ est une provençale, probablement originaire de Saint-Gilles.
  • Frédéric Mistral évoque Pâques en des termes qui n’exigent pas de traduction
    1. « Veici il pesco, la fèsto gloriouso de la Resurreicioum, la festo de la Primavero !  Cantas enfant, cantas fiheto !…« 

 

 

 

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Les symboles liés à Pâques et à la Semaine Sainte

 

 

  • Tous les symboles forts liés à Pâques ont un puissant écho en Provence.

 

Les Ténèbres

 

  • Ce terme désigne, dans la liturgie catholique, les matines et les laudes des mercredi, jeudi et vendredi de la Semaine Sainte.
  • Les Ténèbres étaient particulièrement respectées dans le pays niçois à l’initiative des confréries de Pénitents.

 

La Cène

 

  • Les thèmes relatifs au repas partagé et à l’hospitalité sont particulièrement bien accueillis en Provence.
    1. Ils se sont développés aux époques grecques et romaines.
    2. L’arrivée du Christianisme les a amplifiés.
    3. Le Moyen-Âge les a maintenu vivants.
    4. Le 19e s.les avaient retrouvés après la parenthèse révolutionnaire et impériale.
    5. L’âge moderne les avaient occulté au lendemain de la guerre de 1939-45.
    6. Ils semblent redevenir importants.

 

Le lavement des pieds

 

  • Symboliquement pratiqué par le Christ après la Cène, dernier repas partagé avec les douze apôtres.
  • Rite très médiatisé par le pape François proche du mouvement franciscain.
  • Ce geste rencontre un écho particulier en Provence compte-tenu de la forte présence historique des Franciscains.
    1. Forte influence franciscaine dans les Alpes-Maritimes (06) et à Monaco.
    2. Dans le reste de la Provence, l’influence des Franciscains a été particulièrement grande  lors du Royaume d’Anjou / Comté de Provence.
      1. Rappelons que Charles d’Anjou – Charles 1er (12261285) est le frère de Saint Louis (roi Louis IX) et le fils de Blanche de Castille.
      2. Voir article Maison d’Anjou en Provence.

 

 

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Le mont des Oliviers

 

  • A Jérusalem, le site désigne trois collines à l’Est de la ville.
  • Le mont des Oliviers est le lieu d’événements majeurs relatés dans le Nouveau Testament.
    1. Un lieu où le Christ aurait prié avant sa Passion. La  basilique de Gethsémani a été construite sur la roche sur laquelle le Christ se serait alors assis.
    2. Le lieu de son arrestation par les Juifs et les Romains après la trahison de Judas.
    3. Béthanie (actuel el Lazaryeh) où se situait la maison de Marie-Madeleine, Marthe et Lazare.
    4. En Provence, Béthanie désigne des associations et des lieux, au premier rang desquels Roc Estello à Plan-d’Aups (83).
  • Nombres de lieux en Provence (hôtels, chambres d’hôte…) reprennent le nom de Mont des Oliviers.
  • De même, certains jardins publics ou privés de Provence  revendiquent  d’avoir été conçus en filiation du Mont des Oliviers de Jérusalem.

 

Le chemin de Croix en Provence

 

  • Le chemin de Croix et les manifestations de la Passion.
    1. Entre l’Espagne, l’Italie, et la Corse plus démonstratives, la Provence donne moins d’emphase aux reconstitutions des scènes de la Passion.Pourtant, dans les Alpes-Maritimes (06) et à Monaco notamment, l’influence italienne est à l’origine de manifestations plus spectaculaires.
    2. Partout en Provence, un grand nombre de chapelles de Pénitents attestent l’importance des Confréries de Pénitents qui ont joué un rôle fondamental dans la vie religieuse, la vie sociale et la Charité au niveau des paroisses.
    3. L’action des Pénitents, trop souvent caricaturée et mal comprise, connaît une vitalité certaine dans l’intérêt et pour le bien de tous.
  • Les chemins de Croix dans la nature et dans la ville.
    1. Plusieurs paroisses de Provence possèdent de très beaux chemins de Croix extérieurs.
      1. Dans les Alpes-de-Haute-Provence (04).
      2. Dans les Hautes-Alpes (05).
      3. Dans les Alpes-Maritimes (06).
      4. Dans les Bouches-du-Rhône (13). Marseille Notre-Dame-de-La-Garde.
      5. Dans le Var (83).
      6. Dans le Vaucluse (84).
  • Les chemins de Croix dans les églises et les lieux saints.
    1. Les églises et les chapelles de Provence donnent une large place aux chemins de croix.
    2. Dans les vitraux.
    3. Sur les murs ; tableaux, statues, sculptures, symboles…
    4. Parmi les plus originaux on signalera ceux de la chapelle Notre-Dame-de-Grâces à Cotignac (figurines de Madagascar).

La Croix

 

  • Le culte de la Croix doit beaucoup à l’empereur Constantin le Grand et à sa mère Hélène.
  • Constantin établit le symbole du Chrisme qui comporte une croix.
  • Constantin favorise le culte de la Croix qui n’était pas utilisé jusque là (d’autres symboles tels que le poisson étaient utilisés).
  • Le pèlerinage d’Hélène, la mère de Constantin en Terre Sainte est tout à fait décisif.
    1. Hélène y aurait découvert les vestiges de la Sainte Croix, elle décide de construire la basilique sur le Saint-Sépulcre.
    2. Hélène rapporte à son fils des clous de la Passion dont les reliques sont conservées dans l’ancienne cathédrale de Carpentras (84).

 

La résurrection, la grotte du Saint-Sépulcre

 

  • 325 / 326. L’influence de Constantin (longtemps domicilié en Arles, comme ses fils) et celle d‘Hélène sont ici encore tout à fait considérables, notamment au niveau de la Basilique du Saint-Sépulcre.
  • Le culte chrétien des grottes en Provence doit beaucoup à la grotte du Saint-Sépulcre.

 

Les cloches  et les œufs de Pâques

 

  • Les cloches de Pâques correspondent à un rite précis.
    1. Le Jeudi-Saint au terme de la liturgie eucharistique, le célébrant porte au « reposoir » les pains consacrés, qui seront reçus par les fidèles lors de la « messe des présanctifiés » (pré-consacrés) le Vendredi-Saint.
    2. L’autel où vient d’être célébré la Cène du Seigneur est vide et dépouillé. Devant ce reposoir eucharistique, ce sont les heures de Gethsémani qu’il faut revivre.
    3. Les cloches sont condamnées au silence pendant trois jours en signe de deuil.
      1. Pour expliquer l’absence de sonnerie pendant cette période, on a dit longtemps aux enfants que les cloches partaient à Rome.
      2. Le Pape les bénissait avant leur retour.
      3. Ce n’est que dans la nuit du samedi au dimanche de Pâques que les cloches carillonnent pour annoncer la joie de la résurrection du Christ.
        1. On a dit longtemps aux enfants qu’elles revenaient chargées de friandises qu’elles déversaient dans les jardins et les prés, sur les balcons des appartements.
        2. On pourrait et on devrait leur dire que la plus grande joie vient du Christ ressuscité.

 

La quête des œufs

 

  • 3.000 ans av. J.-C. Certaines sources rapportent que les Perses s’offrent déjà des œufs.
  • Gaulois et des Romains considèrent l’œuf comme étant le symbole  la vie, la fécondité et la renaissance.
  • Ces traditions sont ensuite assimilées par le Christianisme.
  • L’œuf de Pâques devient un symbole de la résurrection.
  • L’œuf de Pâques marque également la fin des privations imposées par le Carême et l’arrivée du Printemps.
  • 13e s. Premiers œufs peints en Europe. Ils sont souvent peints en rouge afin d’évoquer le sang du Christ. Ils sont ornés de dessins et/ou de devises.
  • A la Renaissance, dans les Cours royales, les œufs de poule sont remplacés par des œufs en or.
    1. Décorés de métaux précieux, de pierreries et de peintures d’artistes célèbres, ces objets connaissent leur apogée à la Cour de Russie, avec, notamment, les œufs du bijoutier Peter Carl Fabergé (1846-1920).
  • Le chocolat, aurait fait son apparition d’abord dans les coquilles d’œufs avant que des œufs tout chocolat ne fassent leur apparition dans la première moitié du 19e s.
  • L’œuf en chocolat, apparaît grâce aux progrès d’affinage de la pâte de cacao chauffée à 50°C avec  la mise au point des premiers moules en argent, en cuivre ou en fer étamé.

 

En Provence,  la traditionnelle quête des œufs s’inverse si l’on en croit Frédéric Mistral

 

  • « Mais le samedi Saint, les cloches ressuscitaient et revenaient de Rome. Pour ma part, mes parents m’envoyaient porter les œufs de Pâques à la famille, aux amis, au menuisier, au maréchal-ferrant, à tous les artisans qui consentaient des abonnements dans leur boutique (c’est-à-dire faisaient crédit ou marquaient la taille). Ces braves gens, disait ma mère, n’ont pas de poules, il faut bien qu’ils fassent Pâques, comme nous, avec des œufs frais.« 

 

Les crécelles de Pénitents

 

  • Dans le pays niçois, à l’occasion de la Semaine Sainte, les Pénitents utilisaient des crécelles dans les rues et dans les églises, pour le début et la fin des offices.
  • La crécelle était utilisée par les lépreux depuis le Moyen-Âge,  pour se signaler et permettre aux gens de s’écarter d’eux.
  • La crécelle pouvait prendre plusieurs formes.
    1. Crécelle artisanale en bois.
    2. Crécelles bricolées à partir d’une rondelle de bois édentée au couteau et enchâssée dans un bâton de roseau.
  • Pour les Niçois, la crécelle faisait partie des chasse-carême (coucha carema) qui prenaient diverses formes :
    1. Crécelles souvent  en bois de chêne ou de noyer.
    2. Claquettes.
    3. Boîtes métalliques contenant des cailloux ronds…

 

 

Pâques et le Baptême Chrétien

 

 

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  • Voir article Baptême Chrétien.
  • Pâques à longtemps associé à la date des baptêmes chrétiens depuis les premières heures du Christianisme jusqu’au 19e s.
  • La Provence le montre puissamment avec son exceptionnelle richesse patrimoniale en Baptistères (bâtiments et mobiliers).
    1. La Provence a gardé des vestiges nombreux et remarquablement conservés et restaurés des premiers baptistères.
      1. Aix-en-Provence, Fréjus, Nice-Cimiez, Riez, Venasque
    2. La visite du baptistère de Riez qui vient de faire l’objet d’une remarquable remise en état nous a beaucoup appris sur le rite du baptême antique.
      1. Sa visite est riche. et passionnante.
  • La Provence a possédé le plus grand baptistère du Monde à Marseille (625 m2, sous l’actuelle Cathédrale la Major) qui rivalisait de splendeur avec celui de Milan.
  • La littérature et l’art attestent de l’importance de ces journées de Pâques consacrées au baptême chrétien.

 

 

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