Couronne des Rois. © Nina Nagovitsina – Fotolia.com.

 

 

Provence 7

Gâteau des Rois en Provence

 

 

 

 

 

Gâteau des rois : Couronne contre Galette

 

 

Le sujet de la galette ou de la couronne des rois oppose assez nettement  la France du Nord et la France du Sud.

 

 

  • Au nord de la ligne Bordeaux-Nice qui correspond au territoire de l’ancienne langue d’Oïl, on parle de Galette des Rois, et il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un gâteau à la frangipane.
  • Au sud de la même ligne, ancien territoire de la langue d’Oc, on parle de « Couronne des rois » en Provence ou de « Couronne bordelaise » en Aquitaine qui désignent toutes les deux une couronne une brioche circulaire avec des fruits confits. Dans le sud la galette des Rois est appelée un peu péjorativement galette parisienne.

 

 

Histoire du gâteau des rois

 

 

Les origines romaines

 

  • Les Romains fêtent les Saturnales, entre fin décembre et début janvier.
  • Il était alors de coutume de nommer un esclave « roi d’un jour ». Le titre est largement ambigu.
    1. Les Romains détestaient par dessus tout la royauté et le titre de « roi d’un jour » n’était pas qu’honorifique…
    2. Les Saturnales sont des fêtes de l’inversion des rôles destinées à déjouer les jours néfaste de Saturne, divinité Chtonienne.
      1. Les divinités chtoniennes ou telluriques se rapportent à la terre, au monde souterrain et aux Enfers par opposition aux divinités célestes, dites « ouraniennes » ou « éoliennes ».
    3. Chaque grande familia se réunissait en banquet, au début ou à la fin des Saturnales (le rite varie selon les époques de la Rome Antique).
    4. Le sommet du banquet était l’élection d’un Saturnalicius princeps  (Prince des Saturnales ou du désordre).
    5. Une fève servait comme bulletin de vote à l’élection.
    6. L’élu avait le pouvoir d’exaucer ses désirs pendant cette journée, y compris celui de donner des ordres à son maître.
      1. A la fin de son mandat, il pouvait être mis à mort ou simplement reprendre son rang…
    7. Afin de procéder à l’élection, le gâteau était partagé en autant de parts que de convives.
    8. Le plus jeune de l’assemblée était placé sous la table et attribuait les parts de gâteaux.
    9. Le roi était celui qui avait la fève.
    10. Une fois l’élection achevée, la fête prenait un caractère débridé.

 

 

 L’influence du Christianisme et celle des rois

 

  •  La tradition chrétienne a plusieurs effets.
    1. Les rois deviennent les rois mages.
    2. L’enfant Jésus remplace la fève.
    3. Le découpage du gâteau comporte une part de plus que le nombre de convives.
      1. Cette part supplémentaire est appelée « part du Bon Dieu », « part de la Vierge Marie » ou « part du pauvre ». Elle est réservée au premier pauvre qui se présente.
  •  A la cour de Louis XIV, Roi Soleil, on tire les Rois à partir d’un gâteau.
    1. Louis XIV apporte toutefois un changement majeur au rite en supprimant la coutume selon laquelle les grandes dames qui tiraient la fève devenaient reines de France d’un jour et pouvaient demander au roi un vœu dit grâces et gentillesses.
  • 1711. La famine est telle que le Parlement fait proscrire les usages de la farine pour autre chose que le pain.
  • 1713 et 1717. Des arrêts interdisent aux boulangers de faire et de donner toute espèce de pâtisserie. Ils ne peuvent plus employer du beurre et des œufs dans leur pâte, ni même de dorer leur pain avec des œufs. Les effets sont toutefois limités  à Paris.

 

 

La brève parenthèse révolutionnaire

 

  • 1791. Le « jour des Rois » est nommé Jour des sans-culottes.
  • 1794. Les « sans-culottes » renomment l’Epiphanie « fête du Bon Voisinage » et le gâteau devient Galette de l’Egalité.
  • Les Révolutionnaires remplacent la fève représentant l’enfant Jésus par une représentation de bonnet phrygien.
  • Cette parenthèse se ferme très vite.

 

 

 

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