Vaisseaux Antiques


 

 

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Vaisseaux Antiques en Provence


 

Kybele. Réplique possible d’un navire des Phocéens fondateur de Marseille 

 

  • La description qui suit concerne les navires qui fréquentaient les eaux maritimes et fluviales de la Provence depuis la fondation de Marseille par les Grecs (600 av. J.-C.) jusqu’à la chute de l’Empire romain.
  • 600 av. J.-C. Massalia / Marseille est fondée par des marins grecs venus de Phocée en Asie mineure.
  • Avec les bois des environs de Massalia, les Phocéens construisent leur propre flotte inspirée par les navires grecs.
  • Le géographe grec Strabon rapporte que les Massaliètes développent leurs activités de commerce sur mer plutôt que sur terre.
    1. Des comptoirs sont établis jusqu’à Monaco à l’Est et jusqu’en Espagne, à l’Ouest.

 

Types de  navires antiques en Provence


Navigation en Méditerranée dans l’Antiquité © VP 13

 

Navires Grecs
  • Les Grecs sont un peuple de navigateurs par la nature de leur territoire très largement insulaire et par leurs activités de commerce.
  • Birème grecque.
    1. 700 av. J.-C. Premiers développements.
    2. 500 av. J.-C. Construction des birèmes de combat.
    3. 2 rangées de rameurs superposés de chaque côté du navire.
    4. L’éperon qui fracasse la coque du navire adverse au-dessous de la ligne de flottaison transforme la birème commerçante en navire de combat.
    5. Les rameurs prennent position de chaque côté de la coque.
    6. Un mât portant une voile pouvait être dressé afin de gagner de la vitesse.
    7. Longueur : environ 20 m.
  • Trière grecque.
    1. v. 480 av. J.-C.  Thémistocle (v. 524 – 459 av. J.-C.) est un homme d’État et stratège athénien qui joue un rôle majeur dans la victoire sur les Perses (Seconde Guerre Médique).
      1. Le constructeur de bateaux Aménocle, originaire de Corinthe, aurait conçu la trière v. 650 av. J.-C.
      2. La trière dispose de rameurs étagés sur 3 rangs ce qui permet d’aligner 171 rameurs au lieu de 51.
        1. Officiers et soldats en plus.
      3. L’éperon est l’arme principale et son efficacité reposait largement sur la vitesse du bateau.
      4. Une voile carrée (parfois 2 voiles) montée sur vergue double augmente les performances.
      5. Les Romains développeront leur propre modèle dénommé trirème.
      6. Pont plateforme sur toute la longueur. La couverture servait de protection à l’équipage.
      7. Modèle type. 32,50 m x 4,6 m x 1,1 m.
      8. Vitesse 11,5 nœuds.
      9. Les trirèmes servaient souvent de soutien aux escadrons de birèmes, plus mobiles.
    2. 480 av. J.-C. Thémistocle remporte la bataille de Salamine sur les Perses.
      1.  Athènes dispose de 200 navires, près de la moitié des trières dont disposent les Grecs.
      2. Les Perses alignent entre 600 et 1 200 navires. Le chiffre de 1200 est fourni par Hérodote, mais il pourrait être survalorisé.
      3. Thémistocle commande la flotte avec le Spartiate Eurybiade.
      4. Les Grecs écrasent les Perses en profitant d’un détroit pour réduire l’avantage numérique des Perses.
  • Bateau de plongée grec.
    1. v. 325 av. J.-C. Il paraît vraisemblable que le Macédonien Alexandre le Grand ait disposé d’un caisson de verre pour explorer le fond de l’eau.
  • Navire de charge grec.
    1. v. 500 av. J.-C. Navire de pleine mer destiné au transport de marchandises.
    2. Dimensions. 15,20 m X 4,3 m x 1,8 m.
    3. Coque légère avec bordage en pin.
    4. Mât unique. Voile carrée enroulable.
    5. Avirons utiles que lors des manœuvres dans les ports ou par temps calme.
    6. Peut être muni d’un bélier de proue en cas de combat naval.
      1. Ex. Guerre médique de 479 av. J.-C.
    7. Equipage. 8 à 10.
    8. Cargaison/ Bois, cuir, grain, laine, el,  vin…

 

Navires Romains
  • Les Romains sont des terriens. Leur allié marseillais les aide très largement pour les activités maritimes.
    1. Les Guerres Puniques contre Carthage obligent les Romains à développer une flotte de combat et une flotte marchande se mettra en place progressivement.
    2. 280 av. J.-C. Sous la supervision de Cneus Cornelius Scipion, 100 quinquérèmes et 20 trières sont produites dans l’année.
      1. Selon l’historien Polybe (2e s. av. J.-C.), les Romains qui n’avaient aucune expérience maritime eurent la chance de capturer un navire ennemi et ils le copièrent.
  • Quinquérème romaine.
    1. v. 350 av. J.-C.
    2. Quinquérème signifie cinq rameurs sur trois niveaux.
      1. 2 rameurs par aviron aux niveaux supérieur et central. 1 rameur au niveau inférieur.
      2. 300 rameurs.
      3. Officiers et 120 soldats.
    3. Largeur 5 m.
    4. Mât démontable simple; voile carrée.
    5. Armement : baliste (catapulte lourde).
    6. Les Romains conçoivent des navires lourds et puissants qui manquent de manœuvrabilité lors des combats navals.

 

  • Trirème romaine. Navire de guerre.
    1. 264241 av. J.-C. Rome construit des navires de combat et devient une puissance maritime.
    2. Les trirèmes romaines sont de puissants navires de combat conçus en s’inspirant les trières grecques et carthaginoises.
      1. 190 rameurs sont étagés sur 3 rangs + Officiers et soldats.
      2. 4 voiles sont embarquées.
      3. Des galères à 2 mats assurent la suprématie de Rome sur les mers.
      4. Longueur hors tout: environ 35 – 55 m.
      5. Armement lourd : bélier de proue, catapultes projetant des pierres et des charges incendiaires.

 

Navire de combat romain © Tashen 

 

  • Monère. Navire de guerre à tour romain.
    1. Au 1er s. av. J.-C. Les Romains transforment la Mer Méditerranée en Mare Nostrum en éliminant une à une les puissances maritimes puis en supprimant les pirates et brigands
      1. Les Romains adoptent  une stratégie consistant à transformer le combat sur mer en un combat quasi terrestre.
      2. v. 50 av. J.-C. La galère de type Monère innove sur bien des plans.
        1. Une rangée d’avirons de chaque côté.
        2. Une tour centrale.
        3. 2 voiles peuvent être hissées.
        4. Longueur d’environ 22 m.
  • Navire de charge romain.
    1. v. 70 av. J.-C. Le modèle de navire de transport de marchandises restera quasiment inchangé pendant 300 ans.
    2. Un relief antique de Pompéi en donne une bonne représentation.
    3. Propulsion par des voiles :
      1. Grand voile.
      2. Voile de beaupré ( à l’avant).
      3. 2 voiles de tête de mât.
      4. Longueur. A partir de 26 m.
      5. Bateau large, arrondi dont l’étambot est relevé vers l’intérieur et se termine par un col de cygne.
      6. Le transport principal concerne les céréales entre l’Egypte et la ville de Rome, plus de 1 million d’habitants qu’il faut nourrir 365 j sur 365 en toute saison.
  • Petits navires de transport sur fleuves. Barges.
    1. v. 170 av. J.-C. Premières constructions.
    2. Navires à fond plat, légers et longilignes.
    3. Propulsion par le vent avec une voile disposée sur un unique mât.
      1. Par vent contraire ou absence de vent, la barque est manœuvrée à la gaffe.
      2. Les barges circulent sur un grand nombre de rivières du Monde Romain.
      3. le fond plat permet d’accoster sur les berges.
      4. Longueur : environ 20 m.
  • Navires à vin.
    1. v. 250 ap J.-C.
    2. Navire de transport fluvial.
    3. Transport de vin en tonneaux.
    4. Propulsion en principe à la rame.
  • Corbita. Navire de commerce romain.
    1. v. 250 ap. J.-C. Les travaux d’agrandissement du port d’Ostie permet d’accueillir de plus grands navires.
      1. Un relief d’Ostie donne une bonne représentation de ce type de navire.
    2. Longueur hors tout. A partir de 30 m.
    3. 4 voiles.
    4. Son nom Corbita vient du mot latin corbis, la corbeille. Ce nom est parfaitement adapté à ce navire large et tranquille.
    5. La production sur une modèle inchangé durera plus de 500 ans.
    6. Le navire se distingue par son étambot qui se prolonge en col de cygne sur la poupe.

 

Trirème romaine © VP 13

 

Techniques de combat antiques
  • Abordage.
    1. Une petite embarcation pouvait vaincre une trirème si elle parvenait à l’aborder.
    2. Les Romains inventent le corvus ou corbeau, une passerelle d’une dizaine de mètres de long articulée à sa base.
      1. Cette sorte de pont-levis permet aux soldats de passer plus facilement sur le navire ennemi.
      2. 260 av. J.-C. Sa première utilisation à la bataille de Mylae effraie les Carthaginois et permet au général romain Duilius de remporter la victoire.
      3. 256 av. J.-C. Le corvus est abandonné après la bataille d’Ecnome qui est pourtant une belle victoire navale romaine sur Carthage.
        1. En position verticale, le corvus déstabilisait le navire.
  • Eperonnage.
    1. Cette technique n’offre pas une certitude de victoire car l’éperonneur pouvait couler avec l’éperonné.
  • Bombardement.
    1. Balistes, catapultes, arcs, lances…
    2. 4e s. apparition de l’artillerie mécanique permettant le lancer des blocs de pierre.
    3. 4e s. Invention de la catapulte à Syracuse par les ingénieurs de Denys l’Ancien.
      1. L’engin aurait été capable de lancer des blocs d’une centaine de kilos à 200 m de distance.
    4. 332 av. J.-C. Des machines lançant des traits sont citées dans les inventaires de l’arsenal du Pirée.
    5. Les machines étaient capables de lancer des grappins afin de saisir le navire ennemi.
    6. Les Romains mettent au point le harpax (harpon) capable de se planter dans le superstructures du navire ennemi.
  • Feu.
    1. Utilisation délicate car le feu pouvait gagner le navire attaquant par une fausse manœuvre ou par contagion…
    2. Une pratique courante consistait à suspendre un récipient enflammé au bout d’une longue perche qui dépassait du navire et à manœuvrer pour le déposer sur le pont ennemi.
    3. Pour éteindre le feu, on utilisait du sable, du vinaigre… ou la ration de vin du rameur…
    4. Utilisation de brûlots (embarcations remplies de matières enflammées).
      1. 415 – 413 av. J.-.C. Première utilisation  à l’occasion du siège de Syracuse.
    5. 190 av. J.-C. A la bataille de Panormos, l’historien Polybe nous rapporte l’utilisation de pyrphoros (sorte de marmite remplie de matière incandescente).
  • Transformer le combat maritime en combat « terrestre ».
    1. Stratégie mise au point par Agrippa, bras droit d’Octave / Auguste, à la bataille d’Actium en 31 av. J.-C.

 

Traces de navires en Méditerranée


  • Pour connaître les navires de l’Antiquité, les historiens et les archéologues disposent de nombreuses techniques.
  • L’archéologie sous-marine est une discipline dans laquelle la Provence a acquis une réputation mondiale avec ses pionniers de la plongée et ses chercheurs (INRAP notamment).

 

Epaves en Provence
  • Archéologie sous-marine.

 

Représentations trouvées en Provence
  • Mosaïques.
  • Coupes.
  • Littérature.
  • Des travaux de création de maquettes et de modélisation 3D font progresser les recherches à très grande vitesse.
    1. De nombreux jeux vidéo travaillant avec des chercheurs émérites contribuent à faire connaître et à faire comprendre le fonctionnement des navires antiques.

 

Ports de Provence dans l’Antiquité


 

Fréjus Antique avec son port de guerre © Maquette du Musée archéologique municipal.

 

 

Construction Navale en Méditerranée


 

Marseille, port majeur du monde antique

  • Marseille est une arsenal majeur dont les navires jouissent d’une grande réputation de qualité.
  • L’étanchéité des navires marseillais est notamment reconnue et appréciée.

 

Navigation, lignes commerciales en Méditerranée


 

L’axe Italie – Espagne
  • Axe fondamental du monde antique, notamment romain. Il relie l’Italie à la très riche Espagne.
  • Les Grecs sont les premiers explorés dans leur concurrence maritime vive avec les Phéniciens.
    1. C’est lors de ces explorations que les navigateurs grecs découvrent les sites portuaires les plus intéressants :
      1. Marseille, Monaco, Nice, Antibes, Olbya … Les Phocéens, colons grecs venues d’Asie Mineure (Turquie actuelle) fondent ainsi Marseille, la plus ancienne cité de France vers 600 av. J.-C.
  • Les Romains entrent en lutte avec les Carthaginois, héritiers des positions phéniciennes en Espagne et concurrents pour la suprématie maritime en Méditerranée.
    1. A l’issue de trois guerres puniques, les Romains vainqueurs entament leur occupation, de la Méditerranée du Nord. La Provence n’est alors qu’une étape maritime et terrestre sur cet itinéraire.
    2. D’autres routes s’ouvrent ensuite vers le nord par le Rhône notamment, vers l’actuelle Angleterre, l’Allemagne et le Nord de l’Europe.

 

Les lignes du large
  • En dehors du « cabotage littoral » entre l’Italie et l‘Espagne, la Provence se relie directement à la Corse, au Proche-Orient (province antique de Syrie et Terre Sainte), l’Afrique du Nord (actuelle côte Maroc, Algérie, Tunisie, Lybie) et surtout avec l’Egypte et le grand port d’Alexandrie.
  • Les relations avec le Proche-Orient et l’Egypte sont particulièrement intenses.
    1. Le transport maritime ne concerne pas seulement les marchandises mais aussi les hommes (militaires, commerçants, savants, religieux…), et par conséquent, les idées, les religions, les arts et les techniques…

 

Pythéas, astronome, mathématicien et navigateur

 

Explorations lointaines
  • Vers le 4e s. av. J.-C. deux Massaliètes lancent des explorations maritimes lointaines.
    1. Pythéas part dans la Grand Nord à la recherche de l’ambre et de l’étain.
      1. Pythéas détermine à un degré près la latitude de Massalia et il établit une corrélation entre les cycles de la Lune et les marées.
    2. Euthymènes navigue vers le Sud jusqu’au fleuve Sénégal (ou le Niger ?) en recherchant les sources du Nil.

 

Grandes batailles navales antiques au large de la Provence


 

 

  • 2 défaites de la flotte massalière face à la flotte de Jules César qui s’empare de Massalia en 49 av. J.-C.

 

Musées de la mer et des bateaux en Provence


 

  • Antibes.
    1. Musée d’Archéologie.
    2. Musée Naval et Napoléonien.
  • Arles.
    1. Musée de l’Arles et de la Provence Antiques.
  • Marseille.
    1. Musée d’Histoire de Marseille.
    2. Musée des Docks Romains.
  • Monaco.
    1. Musée Océanographique.
    2. Musée Naval de Monaco.
  • Saint-Cyr-sur-Mer
    1. Musée Romain de Tauroentum.
  • Toulon.
    1. Musée National de la Marine.

 

Livres liés à vaisseaux antiques en Provence


 

 

  • 2016. Histoire de la Marine Pour les Nuls. Guy Le Moing.
  • 2012. Marines de Provence. Les navires des origines à nos jours. Patrick Boulanger – Tiennik Kérével. Editions Equinoxe.
  • 2007. 1000 Bateaux. Terre Editions.
  • 2005. Les Routes de la navigation antique. Itinéraires en Méditerranée. Pascal Arnaud. Editions Errance.
  • Bateaux et Navires de Guerre. Encyclopédie visuelle.  Editions Elcy – Amber Books.
  • 1978. Histoire illustrée des Navires de Combat. Bernard Ireland. Editions Princesse.

 

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