Barques de pêche à Cassis. Fotolia.com

 

Provence 7

Barques de Pêche

 

Types de barques de pêcheurs

En France, les types de bateaux de pêcheurs ne manquent pas : Baleinier – Bateau ostréicole – Bolincheur – Caseyeur – Chalutier – Chalutier à perche – Coquillier – Cordier – Crevettier – Doris – Fileyeur – Goémonier – Harenguier- Langoustier – Ligneur – Morutier – Palangrier – Pointu – Sardinier – Senneur / seineur – Terre-neuvier – Thonailleur…

 

En Provence, plusieurs types existent. On a tendance à les appeler « pointus » mais ce terme ne désigne qu’une partie de la flotte. Dans cet article nous examinerons le cas des « barques de pêcheurs » ce qui élimine bon nombre des bateaux cités précédemment qui sont bien plus importants (ex. chalutiers, thoniers…) et qui existent aussi dans les ports provençaux.

 

Famille Barqueto : Pointu, barquette ou bette

 

Les Pointus constituent une famille de barques de pêche traditionnelles en Provence. Leur nom est plus approprié aux barques du Var et des Alpes-Maritimes qu’aux Bouches-du-Rhône et à Marseille, en particulier, qui parlent plutôt de Barquettes ou de Bettes.

 

  • Dans ces bateaux, la poupe (arrière du navire) est pointue et la proue (l’avant) se termine par une étrave dénommée le « capian » qui peut être prolongée par un éperon dénommé mourre de pouar ce qui signifie « museau de cochon » en provençal. Les formes de coques répondent aux contraintes de la navigation en Méditerranée où les vagues sont courtes. La présence d’un capian robuste est liée aux contraintes de mouillages qui exigent de tenir un grappin fermement.

 

  • La famille des pointus, barquettes, bettes se distingue également par l’emploi d’une voile latine. L’usage de la voile qui fédère la famille barqueto s’explique facilement par l’importance des vents dans l’aire méridionale dans laquelle ils évoluent. Le même type de coque se retrouve pour les mêmes raisons sur des barques de pêche des grands lacs (ex. lac Léman, en Suisse). La voile latine est réputée exercer de puissantes contraintes sur la structure de la coque ce qui justifie des formes rondes, des renforts et des membrures de fort gabarit. En son temps, la voile latine avait marqué une avancée remarquable par rapport à l’ancienne voile carrée (qui était en pratique rectangulaire) :  elle ne limitait plus son usage seulement au vent arrière ce qui était très contraignant.

 

  • Enfin, le célèbre moteur Baudoin Y1 monocylindre de 5 cv de 1921 constitue un autre élément historique de ces navires.La motorisation exerce à son tour une influence sur la forme générale en faisant allonger la forme des coques. Le moteur s’est affirmé très vite face à la voile latine pour de nombreuses raisons :
  • La voile latine étant faite  à partir de fibres végétales (lin, chanvre…) devait être pliée sèche et régulièrement trempée dans des décoctions tanniques d’écorces de chênes, de châtaigniers ou de pin.
  • La voile était coûteuse.

 

 

La famille barqueto comprend plusieurs autres types ou appellations :

 

  • Le Gourse de Nice et le Gourse de Toulon dont le nom est dérivé de Gozzo (barque italienne de la mer Tyrrhénienne).
  • La Sétoise.
  • La Tartane.

Toutes ces barques sont apparentées aux barques catalanes, aux barques d’Afrique du Nord, au barques de Grèce, de Malte et du lac Léman sans oublier les falouques gênoises. Cette dernière est considérée par beaucoup de spécialistes comme l’ancêtre des barques de pêcheurs en Provence. Ceux qui ne partagent pas cette filiation pencheraient plutôt pour la barque catalane.

 

La barquette en voie de disparition ?

 

La barquette arrivée à un point optimum de son évolution est menacée. En effet, elle est ignorée des plaisanciers et les pêcheurs recherchent des équipements plus technologiques.

 

La barquette est en passe de venir un produit de collection, un modèle vintage. les symptômes de cette transformation ne manquent pas :

  • De nombreuses barquettes bleues ornent les giratoires, des devantures de syndicats d’initiative avec des charrettes bleues auxquelles elles disputent la première place……
  • Les acheteurs ont changé de profil : davantage de cadres supérieurs, de professions libérales et moins de pêcheurs professionnels.
  • De nouveaux charpentiers (Michel Gay, Naddéi, Giordano…) apportent des changements sensibles au modèle de base.
  • La suppression de la voile due au moteur exige moins de bancs (2 ou 1) dans leur rôle de renfort.

 

Barqueto à vivre

 

Dans la fabrication et l’achat d’un barqueto, plusieurs facteurs sont importants :

  • Le chois du moteur.
  • Le choix d’une hélice adaptée.  Trop grosse, elle risque de manger trop d’eau.
  • Le moteur et la ligne d’arbre doivent avoir un alignement parfait.

 

Des accessoires sont indispensables :

  • Le presse-étoupe qui a pour but d’éviter que l’eau ne pénètre dans la coque en suivant l’arbre du moteur.
  • Les paliers graisseurs qui ont pour fonction de maintenir l’arbre dans un bon alignement.
  • Les paliers de butée qui maintiennent l’arbre en ligne et supportent sa poussée.
  • Les joints de cardan.
  • La palangrotte : accessoire de base du pêcheur en barquette. Petit rectangle de liège sur lequel une ligne de 100 m de fil de 20 à 50/100 avec une monture à un ou deux hameçons et le plomb de 30 gms.
  • Le palangre : ligne dormante munie de plusieurs hameçons dont la forme est réglementée.

 

Des « pannes » à triple sens :

  • La panne de moteur, c’est évident.
  • Les pannes, panneaux de bois fixés sur les pontons de bois.
  • Les pannes désignent également les associations qui gèrent les pontons.

 

… et pour conclure le tout une caquette de marin avec sa visière pour combattre le Soleil redoutable au milieu de la Méditerranée, des heures sans abris.

 

 

 

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