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Provence 7

Production du Sel en Provence

 

 

 

 

 

L’Or Blanc de la Provence

 

 

  • Depuis l’Antiquité, les hommes sont venus en Provence pour récolter le sel.
  • Selon Patrick Verlinden, le nom de Marseille Massalia aurait un lien avec le sel.
  • Il faut dire que le Lacydon, actuel Vieux-Port de Marseille, possédait des dépôts de sels entre l’Opéra et les quais du port.
  • Le sel était alors une denrée très recherchée par les colons grecs qui ont fondé Marseille.
  • La racine « sal » a plusieurs sources antiques :
  1. sal ou séh₂ls est issu de l’indo-européen sol– d’où sont issus sāļš (letton), salt (anglais), salann (gaélique irlandais), sůl (tchèque), Salz (allemand), sól (polonais), halen (gallois), salt (gothique), sal (vieux prussien), salila (sanskrit), salapia (illyrien)…..DD
  2. Dans les langues issues de l’indo-européen, « sal » est souvent lié à celui de « mer » comme θάλασσα, thalassa en grec, Salacia la déesse de la mer chez les Romains. Sal en latin  désigne « sel, eau de mer, mer, esprit, finesse, plaisanterie piquante… ».
  3. En Grec ancien sel se disait ἅλς prononcer als que l’on retrouve dans Alès

 

  • Un ordre de grandeur.
  1. Au pied des remparts d’Aigues-Mortes, en Camargue et aux limites de la Provence, s’étendent 10.000 hectares de marais salants ce qui représente la superficie de la ville de Paris intra-muros.

 

 

Les marais salants ou salines

 

 

  • Mis à part quelques lacs salés, dans le Monde les salines sont littorales et fonctionnent avec de l’eau de mer.
  • Les marais salants ou salines sont un ensemble de bassins de faible profondeur qu’on appelle carreaux, dans lesquels est récolté le sel.
  • Le sel est récolté dans les carreaux après  l »évaporation de l’eau de mer, sous l’action combinée du Soleil et du vent.
  • Cette activité de type agricole se nomme saliculture (anciennement saunerie).
  • Les personnes qui récoltent le sel des marais salants sont appelées paludiers, saliculteurs, sauniers ou marin-salants.

 

 

Une grande entreprise en Provence

 

 

La Compagnie des Salins du midi

 

  • Elle produit 4 millions de tonnes par an.
  • Le groupe est le seul producteur européen à mettre en œuvre les 3 technologies de production (solaire, thermique et minière).
  • Le groupe Salins serait le premier propriétaire foncier privé de France avec 32.500 ha dont 25.000 ha en exploitation.

 

Importants sites de production en Provence

 

 

  • La Provence bénéficie d’un fort ensoleillement qui accélère l’évaporation.
  • La sécheresse estivale permet de faire une récolte de sel sec, naturellement blanc, alors que dans l’Ouest de la France, la récolte donne un sel gris et humide.
  • Salin-de-Giraud (13). En bordure de la Camargue.
  1. Le groupe des Salins du Midi exploite des marais salants qui produisent environ un million de tonnes de chlorure de sodium par an.
  • Les Salins-d’Hyères (83). Dans le Var.
  1. 4e s. L’antique cité grecque d’Olbya exploite le sel d’Hyères.
  2. 1995. Cessation de l’activité.
  3. 2 sites : « Le Salin des Pesquiers » (550 ha) et « Les Vieux Salins » (350 ha).
  • Salins d’Aigues-Mortes (30). En bordure ouest de la Camargue.

 

 

 

Usages variés du sel

 

Le sel sert à de nombreux usages.

 

  • Pour l’alimentation comme agent conservateur et facteur de goût.
  • Pour l’industrie.
  • Pour les loisirs.
  • Pour le déglaçage des routes.
  1. Pour cet usage, le sel de carrière est toutefois bien moins coûteux que le sel de mer.

 

 

Histoire de la production de sel en Provence

 

 

  • Etrusques, Phéniciens et Grecs montrent un grand intérêt pour le sel. Le sel circulait autour de la Méditerranée et au Proche-Orient.
  • Antiquité grecque. Les géographes Hérodote et Strabon évoquent les « routes du sel. »
  1. Palmyre est un important centre de production et de commerce du sel.
  • Antiquité romaine. Les Romains maîtrisent la technique des marais salants qu’ils utilisent tout autour de la Méditerranée.
  1. A Rome, le sel venait des salines d’Ostre par le sud, et il partait vers le nord par la « Via Salaria » (la route du sel) pour aller jusqu’aux confins septentrionaux de l’empire.
  • Antiquité celte. En Gaule (Belgique, Vendée, Loire-Atlantique…), on n’utilise pas de marais salants.
  1. Le sel est produit par l’évaporation de saumures dans des fours alimentés par du bois.
  2. Les saumures sont issues de grandes quantité d’eau de mer.
  3. Elles sont chauffées et cristallisées dans de fins creusets d’argile.
  • Antiquité. La mer Noire ouvre les chemins du sel à l’Europe orientale.
  • v. 6e s. av. J.-C. L’exploitation du sel en Provence commence avec les Grecs.
  1. Les Phocéens, fondateurs de Marseille, sont connus pour en faire le commerce.
  • 6e s. La production de sel se développe en Provence, dans le Languedoc, en Sardaigne
  • 10e s. La reconquête de la Provence sur les Sarrasins est rendue possible par les financements apportés par les Seigneurs de Fos qui contrôlent les marais salants de la région.
  • Moyen-Âge.  La gabelle est une taxe sur le sel en France.
  1. A Marseille, le salin appartient à l‘abbaye de Saint-Victor.
  2. L’activité échappe ainsi jusqu’en 1518 au monopole comtal, puis royal.
  • Moyen-Âge. De nouvelles salines sont mises en exploitation à Castellane (04) qui possède une source salée.
  • France. Les contrebandiers s’opposent à La Gabelle. L’un des plus connus est Louis Mandrin. On les nomme faux-sauniers, en opposition aux sauniers producteurs de sel.
  • 1607. Le Thresor de Santé cite le sel de l’étang-de-Berre et celui d‘Hyères.
  • Jusqu’au 19e s. Le sel provençal se diffuse par plusieurs routes :
  1. La vallée du Rhône, pour le sel de Camargue.
  2. La Durance pour le sel de l’étang-de-Berre.
  3. Le sel d’Hyères est exporté par voie maritime vers l’Italie (Gênes et Pise) et vers Fréjus, Cannes, Antibes, Nice où il est ensuite chargé à dos de mulets pour partir en caravane dans l’arrière-pays.
  •  Fin du 20e s. Les salins d’Hyères cessent leur activité.

 

 

 

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