Sel, culture méditerranéenne multiséculaire. © Chanelle – Fotolia.com.

 

 

Provence 7

Sel de Camargue


 

 

 

 

 

 

 

  • Histoire millénaire et production du sel de Camargue.
    1. Le principe qui consiste à concentrer l’eau de mer jusqu’à obtenir la cristallisation du sel est resté inchangé depuis des millénaires même si les techniques ont évolué.
    2. Le sel de Camargue a bénéficié des transports par la mer Méditerranée et par Le Rhône qui lui ont assuré des coûts compétitifs.
    3. Le sel d’Hyères était exporté vers Gênes et Pise.

 

 

Arles  – Salin-de-Giraud Sel de Camargue © Alison Cornfor – Fotolia.com

 

 

 

Histoire du sel de Camargue


 

 

  • Très tôt, l’homme a utilisé le sel pour conserver son alimentation.
    1. Aux premiers temps de Rome, les soldats reçoivent une poignée quotidienne de sel (sal en latin).
    2. Plus tard, une somme d’argent remplace le sel, c’est le salarium, le salaire.

 

 

Grandes dates du sel en Provence

 

  • Néolithique. L’exploitation du sel est attestée dans la région.
    1. Fouilles des sites préhistoriques de Bruni, de Cabassoles, de Carrelet, de la Tour-du-Vallat… autour de l’étang de Berre.
  • 6s. av. J.-C. Les Grecs – Phocéens qui s’installent à Marseille sont réputés être spécialistes du commerce du sel (le nom de Marseille, Massalia est considéré par Patrick Verlinden comme lié au sel). Le sel de la Camargue est déjà connu.
  • Le sel entre notamment dans la production du Garum, (sorte de nioc mam) condiment fondamental dans le monde antique romain.
  • 4e s. Au moment où l’empereur romain Constantin fait d’Arles la résidence impériale, il semblerait que le Romain Peccius ait développé la culture du sel en Camargue. Le marais de Peccaïs lui doit en tout cas son nom.
    1. Le site d’Aigues-Mortes est lié à cette exploitation.
  • v. 8e 9e s. Les salins de Paccaïs sont officiellement créés à proximité d’Aigues-Mortes pendant le règne de Charlemagne.
    1. Les Bénédictins de l‘abbaye de Psalmody leurs donnent un essor définitif.
    2. Le nom de Psalmody est lié au sel puisqu’il vient Saumodi.
    3. L‘Abbaye de Psalmody est une dépendance de l’Abbaye Saint-Victor de Marseille qui possède les Salins de Marseille depuis 558 (selon F. Benoît).
  • 12e s. Création du salin du Badon, à l’embouchure d’un ancien bras du Rhône.
    1. Le salin dépend de l’abbaye cistercienne d’Ulmet qui doit son nom à une forêt d’ormes, aujourd’hui disparue.
  • 12e s. Les salins des Trois-Maries ou de Notre-Dame sont signalés.
  • 1290. Philippe le Bel, petit-fils du roi saint Louis, fait l’acquisition du territoire de Peccaïs.
  • 1334. Plusieurs salins de Camargue sont signalés.
    1. Le salin de la Blancarde est cité comme source d’approvisionnement du roi de Sicile.
    2. Le salin de La Manica dans lequel le roi de Sicile produit le sixième du sel.
    3. La Comtessa.
    4. Les salins de Rostagnenque.
    5. 14 autres salins.
  • 1377. Honorat de Berre et Maître Hugues Bernard recensent les salines des Saintes-Maries-de-la-Mer et La Méjane qui sont détenues par les seigneurs d’Albaron, la Blancarde, la Rostagnenque.
  • 14e s. Le salin de la Porcelette, au lieu-dit Plan-du-bourg est cité pour Arles.
  • 14e s. Plusieurs salines existent autour du Vaccarès, plusieurs appartiennent au roi de Sicile.
    1. Constancia.
    2. Perjurade.
    3. Telet.
  • 14e s. Le roi de Sicile possède d’autre salins.
    1. Salins de Valduc.
    2. Salins de l’Engrenier.
    3. Salines d’Orgon.
  • 15e s. La mise en place de la gabelle « impôt du sel » heurte de plein fouet le secteur.
    1. L’impôt sur le sel est d’abord appelé « saunerie/salinaria » en Provence.
  • Durant la gabelle, les salins sont « fermés » par une grande chaussée de ceinture ainsi qu’un canal.
  • 1607. Le Thresor de santé mentionne en bonne place le sel de l’étang de Berre et celui d‘Hyères.
  • 1760. Les fermiers généraux font garder « l’île de Camargue » afin d’en prévenir le faux saunage…
  • 1791. Abolition de la gabelle. Cette mesure entraîne un nouveau dynamisme du secteur avec des salins de petite taille gérés par plusieurs petits propriétaires. Le diffusion est surtout locale.
    1. 1791. Création du salin de Vignolle.
    2. 1801. Nouveau salin de la Tour du Valat.
    3. 1803. Création du salin La Quarantaine.
  • 1806. Création d’un nouvel impôt sur le sel qui affecte le secteur.
  • 1855. La compagnie Henri Merle crée le salin de Giraud.
    1. Pour l’entreprise, il s’agit surtout de traiter les eaux mères pour en extraire des produits magnésiens.
    2. La production est industrielle.
    3. Dès 1855, la production saline est de 30 000 tonnes.
  • 19e s. Une bonne partie de la production de sel est acheminée par Le Rhône.
    1. Le sel conditionné en sacs est chargé sur des navires de 45 à 120 tonnes nommés sapines qui sont halés par des chevaux ou des mulets.
    2. Fin 1839. Des navires à vapeur « Le Crocodile » et « le Marsouin » sont mis en service.
    3. Les crues du Rhône (1840, 1841, 1843) créent de graves préjudices.
  • 1842. La concession du chemin de fer Avignon – Marseille est décidée.
  • 1854. 29 juin. Le secteur chemin de fer Valence – Avignon est ouvert.
  • 1911. Création du salin de Gruissan.
  • 1985. Le salin de l’étang de Berre importe des saumures de Manosque (04), ville qui possède d’importantes couches de sel dans son sous-sol.

 

 

Exploitation-du-sel-Fotolia

Exploitation industrielle du sel. © Marc Cecchetti – Fotolia.com.

 

 

Fleur de Sel de Camargue


 

 

  • Récoltés à la main, ses petits cristaux ont une longueur en bouche et un croquant exceptionnels.
  • Trésor des sauniers de Camargue, il devient le trésor des cuisines et des cuisiniers par le jeu de saveurs subtil qu’il procure.

 

 

 

 

 

 

 

 

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