Faïence traditionnelle en Provence. © zOrbala. Fotolia.com

 

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Faïences de Provence

 

Par son histoire et par sa localisation géographique et par la richesse de ses sols et le talent de ses créateurs, la Provence est un haut lieu de la faïence dans le Monde.

 

  • A mi-chemin entre l’Italie et l’Espagne, la Provence reçoit les influences de ces hauts lieux.
  • Sur l’axe rhodanien, vers la Belgique, les Pays-Bas, les pays germaniques et l’Angleterre… la Provence est ouverte sur les marchés experts et sur les techniques de pointe.

 

Technique de la faïence

 

La matière

Argile plastique additionnée de sable et de marne calcaire lavée, pétrie puis façonnée.

 

La production

Première cuisson « en dégourdi ».

Glaçure d’émail stannifère (contenant de l’étain) à base d’oxydes de plomb.

  • Plus il y a d’étain, plus la couleur est blanche.
  • L’émail assure l’étanchéité des pièces.
  • L’émail permet d’appliquer un décor peint à base d’oxydes métalliques lors d’une cuisson ultérieure.

 

Faïence de grand feu

Le décor est appliqué sur l’émail cru ce qui rend l’opération très délicate.

  • La couleur est rapidement absorbée par l’émail ce qui ne permet pas la moindre retouche.
  • Les oxydes métalliques employés sont limités afin de supporter une cuisson de 900 à 1 000° C.
    • Manganèse : du violet au noir.
    • Cuivre : vert.
    • Antimoine : jaune.
    • Cobalt : bleu.

Faïence de petit feu

L’émail stannifère est préalablement cuit.

Les oxydes métalliques sont ensuite posés.

Les pièces subissent une troisième cuisson de petit feu, inférieure à 800° C.

  • Les possibilités de décor plus variées.
  • La palette de couleurs est plus étendue avec des roses tendres etdu rouge vif obtenus à partir du fer et de l’or.
  • L’application de dorures est possible.

 

Histoire de la faïence en Provence

 

L’art faïencier provençal a de profondes racines historiques mais la faïence grand feu se développe à partir de la seconde moitié du 17e s. , principalement à Marseille et à Moustiers-Sainte-Marie.

L’essor de la faïence s’explique principalement par les édits de Louis XIV dits « édits somptuaires » de 1689, 1699 et 1709 qui ordonnent la fonte de la vaisselle d’or et d’argent afin d’assainir les finances de l’Etat.

Une tradition veut qu’un moine de la ville italienne de Faenza (à l’origine du mot « faïence ») ait donné le secret de la fabrication au potier Antoine Clérissy de Moustiers.

Vers le milieu du 18e s., Marseille tirera pleinement profit de la faïence de petit feu pour affirmer son leadership.

19e s. La  Révolution française et l’essor de la faïence fine importée d’Angleterre portent des coups sévères à la faïence provençale qui est finalement emportée par la grande vogue de la porcelaine.

  • Antiquité romaine. Apt. Des ateliers de potiers ont été mis à jour au pont Julien, à proximité d’Apt.
  • Moyen-Age. Tuilerie et faïencerie en pays d’Apt (Saint-Saturnin-lès-Apt, hameau du Chêne à Apt…).
  • 1525. Jean Angeli crée la première faïencerie de Marseille au Château Saint-Marcel dont le propriétaire Charles de Forbin lui fait construire un four.
  • 1550. Moustiers. Les Clérissy, probablement originaires d’Italie, s’installent comme « potiers de terre ». Antoine, le premier faïencier a notamment comme descendant Joseph parti s’installer à Marseille et Pierre (1651-1728) établi à Moustiers.
  • 1588. Varages. Mentions de potiers dans le village.
  • Début 17e s. Marseille. Antoine de Clérissy est réputé pour ses productions.
  • 1634. Varages. Commerce de poterie attesté.
  • 1695. Varages. Débuts de la faïence.
  • 1679. Moustiers. Pierre 1er, de la famille Clérissy, est connu comme « maître faïencier ». Ses fils Antoine et Pierre II prennent la suite. Ils sont connus notamment pour leur faïence grand feu avec une dominante en camaïeu bleu. Leur notoriété est associée aux scènes de chasse réalisées à partir de gravures d’Antonio Tempesta, célèbre graveur florentin. Leurs décors « à la Bérain » et leurs pièces armoriées encadrées d’ornements figurent aussi parmi les grandes œuvres de Moustiers. François Viry poursuit l’œuvre des Clerissy.
  • 1714. Apt. César Moulin se fait connaître en récupérant la vaisselle de la noblesse du Roi-Soleil qui avait réquisitionné la vaisselle de ses nobles afin de financer la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714). Il fonde en 1714 le premier four à faïencerie du Pays d’Apt.
  • 1737. Moustiers. Joseph Olérys introduit la polychromie dans la faïence.
  • 1739. Moustiers. Joseph Olérys s’associe avec Jean-Baptiste Laugier. Joseph II, fils d’Olérys prend la suite.
  • 1749. Moustiers. Joseph Fouque et Joseph-François Pelloquin s’associent puis se séparent. Joseph Fouque devient alors le plus important faïencier de Moustiers après avoir racheté la fabrique Clérissy.Il pourrait être celui qui introduit la technique du petit feu sur le site.
  • 1763. Moustiers. Création de la fabrique Ferrat qui se fait connaître par sa spécialité du petit feu. Son décor au chinois et son décor maritime entrent dans l’histioire de la faïence.
  • 1779. Moustiers. Gaspard Féraud et Joseph-Henry Berbegier développent le décor mythologique.
  • 1790-1796. Moustiers. Jean-Baptiste Chaix succède à Joseph II.
  • 1830. Moustiers. Fermeture de nombreuses fabriques de faïences.
  • 1930. Moustiers. Renaissance de la faïence qui est notamment réintroduite par Marcel Provence.

 

Hauts lieux de la faïence en Provence

 

Apt (84)

 

Depuis l’antiquité, les terres d’ocre et les argiles du Pays d’Apt

Marseille (13)

 

Marseille a une réputation très ancienne pour sa faïence. Elle a ainsi sa 1ère faïencerie en 1525 au château de Saint-Marcel.

Les grands noms associés à la faïence de Marseille sont : Antoine Clérissy, famille Viry, Joseph Fauchier, Louis Leroy, Claude Perrin (ancien décorateur de Nevers) et sa veuve, Honoré Savy, Gaspard Robert, Antoine Bonnefoy

La création marseillaise est remarquable avec une grande variété de formes (plats, soupières, encriers, statuettes, pots-pourris, potiches…) et de décors (« chinoiseries », poissons, paysages, marines, fleurs…). On y note l’influence de grands noms de la peinture (François Boucher, Jean-Baptiste Huet, Joseph Vernet, Antoine Watteau…)

Les créations de « la Veuve Perrin« , qui s’illustre notamment par le thème de La Bouillabaisse, sont à souligner.

 

Musée de la Faïence de Marseille

  • 1995. Ouverture au public à Montredon 13008 Marseille, dans le Château Pastré.
  • 2013. Transfert des collections au Château Borely.

 

 

Moustiers-Sainte-Marie (04)

 

Du 16e s. au 1e s., la faïence de Moustiers est réputée partout en Europe. Elle connaît un déclin à partir de 1830 avant un retour réussi au 20e s.

La faïence de Moustiers est associée à plusieurs grands créateurs : Clérissy (16e et 17e s.), Olérys et Laugier (18e s.), Ferrat, Fouque et Pelloquin (18e – 19e s.).

Aujourd’hui, la faïence de Moustiers est réputée et contribue à l’attrait touristique.

 

Varages et Castellet (83)

 

 Musée des Faïences de Varages

  • Histoire de l’évolution artistique de Varages de 1695 à nos jours.
  • Situé dans la demeure qu’occupait le général d’Empire Gassendi (Digne 1748 – Nuits-Saint-Georges 1828).
  • Plus de 250 m2 sur trois niveaux. Collection de plus de 1000 pièces.

 

 

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