Guide de la visite du Palais LongChamp. © Nancy – Fotolia.com.

 

La dénivellation du château d’eau permet de symboliser la victoire de l’eau sur la sécheresse par des cascades et des jets multiples.

 

 

Provence 7

Palais Longchamp de Marseille à visiter


 

 

 

 

 

 

La construction du Palais Longchamp correspond à un évènement majeur dans l’histoire de Marseille, à savoir l’arrivée de l’eau de la Durance.

 

  • L’arrivée de l’eau à Marseille est à l’origine de bien des progrès.
    1. Protéger Marseille de la pénurie d’eau estivale cause d’épidémies.
    2. Fournir de l’eau à une population bien plus importante.
    3. Développer l’agriculture autour de Marseille.
    4. Développer les activités économiques et industrielles de Marseille.
  • Le Palais Longchamp est un important monument de Marseille qui comporte plusieurs parties :
    1. Un château d’eau.
    2. Un musée des Beaux Arts.
    3. Un musée d’Histoire naturelle.
    4. Un parc-jardin.

 

Logo monument historique Classé MH (1997, 1999)

Logo monument historique Inscrit MH (1974)

 

 

Situation du Palais Longchamp

 

 

  • Boulevard Philippon. 13004.
  • Quartier officiel Cinq Avenues.
    1. Quartier populaire Longchamp.
  • 4ème arrondissement de Marseille.
  • Station de Métro. Cinq-Avenues – Longchamp sur la Ligne M1.
  • Stations de Tramway. Station Cinq Avenues et station Longchamp sur le Ligne T2.

 

 

Architecture du Palais Longchamp

 

 

Le château d’eau

 

  • 10 000 m3 de bassins-réservoirs constituent l’ouvrage terminal du canal de Marseille.
  • Au-dessus, pas moins de 1 200 piliers de pierre taillées soutiennent des voûtes de briques.

 

L’arc de Triomphe

 

  • Sculptures par Eugène-Louis Lequesne (1815 – 1887), sculpteur français de la région parisienne.
  • L’arc de triomphe est ouvert sur toutes ses faces.
  • Superbe entablement surmonté d’un dôme.
    1. Le dôme est coiffé d’une corbeille de fleurs soutenue par quatre balustres surmontées par des oiseaux aux ailes déployées.
    2. La face antérieure de ce dôme est ornée d’une trirème avec les armes de la ville encadrées par deux sirènes.
  • La frise du château présente  une « scène des tritons » avec au centre une Vénus lascive. Cette frise est signée  Jules Cavelier (1814 – 1894). sculpteur de la région parisienne.
  • Devant les piliers de l’arc de triomphe se trouvent deux colonnes.
    1. Les deux colonnes encadrent la fontaine.
    2. A la base des colonnes, des filets contenant des poissons sont sculptés.
    3. Les chapiteaux des colonnes supportent un canéphore sculpté le genou plié  et portant une corbeille débordant de fruits et de fleurs, allégories de la fertilité apportée par la Durance.

 

Sur les deux côtés de la cascade

 

  • Des rotonde à bossage.
  • Les rotondes sont chacune décorées d’une grande coquille marine avec  deux couples de dauphins.
    1. Un triton souffle dans une conque et tourne son regard vers la Durance.
    2. Réalisation d’Eugène-Louis Lequesne.

 

Faces externes de l’arc de triomphe.

 

  • Les noms des affluents de la Durance sont gravés.
    1. Sur la droite : le Buech, le Jabron, l’Auzon et le Largue.
    2. Sur la gauche : l’Ubaye, la Bléone, l’Asse et le Verdon.

 

A l’intérieur de l’arc de triomphe.

 

  • Un nymphée (pour les Romains, c’est un bassin recevant une source considérée à l’origine comme sacrée) avec une grotte artificielle.
  • De part et d’autre du nymphée, deux niches avec  les bustes de Consolat et Montricher, sculptés respectivement par Poitevin (1831 – 1907), sculpteur provençal et André-Joseph Allar (1845 – 1926), sculpteur toulonnais.
  • Un bassin semi-circulaire.
  • Deux colonnes avec des cariatides supportant des plaques de marbre avec des s inscriptions.
    1. Plaque de gauche : « Sous le règne de Louis Philippe Ier, la ville de Marseille a construit l’aqueduc qui amène les eaux de la Durance dans son territoire désolé jusqu’alors par la sécheresse. Le conseil municipal posait la première pierre le 15 novembre 1839, en présence de Lacoste, conseiller d’État, préfet du département, Maximin-Dominique Consolat, maire. Montricher, ingénieur des Ponts et Chaussées, auteur du projet et directeur des travaux. ».
    2. Plaque de droite : « Sous le règne de Napoléon III, la ville de Marseille a édifié le château d’eau, le musée des Beaux-Arts et le Muséum d’histoire naturelle réunis sous le nom de Palais Longchamp. Le conseil municipal approuvait le projet le 7 avril 1862, Maupas sénateur chargé de l’administration du département, Balthazar Rouvière, maire. Le palais est inauguré le 15 août 1869 par Levert, préfet du département, Théodore Bernex, maire. Henri Espérandieu, architecte, auteur du projet et directeur des travaux. »

 

La colonnade

 

  • Une colonnade semi-circulaire relie le Musée des Beaux-Arts au nord et le Muséum d’Histoire Naturelle au sud, en passant sous l’arc de triomphe.
    1. Chaque colonnade comprend huit colonnes sur la partie antérieure et onze sur la partie postérieure.
    2. Les colonnes sont placées de telle sorte qu’elles ne se masquent pas les unes les autres.
    3. Au sommet de la colonnade est posée une balustrade.
      1. Des boules d’amortissement sont posées  à la verticale de chaque colonne.
      2. Sur la frise de la colonnade sont gravés les douze signes du zodiaque, sculptés par Gilbert.

 

La fontaine

 

  • La fontaine est la pièce maîtresse dans la mesure où elle symbolise le jaillissement de l’eau.
  • Le groupe central  de la fontaine.
    1. Le groupe central de la fontaine est haut de dix mètres.
    2. C’est une œuvre de Jules Cavelier.
    3. L’ensemble est réalisé en pierre de Calissanne,.
    4. Le thème représenté est celui  d’un char émergeant du château d’eau, tiré par quatre taureaux de Camargue qui prennent la direction de la ville de Marseille. Trois personnages allégoriques féminins sont sur le char.
    5. Au centre, la figure de la Durance drapée dans un péplum antique : le pied posé sur une amphore renversée.
    6. Deux autres personnages sont situés de part et d’autre de la Durance.  Représentant le blé et la vigne , elles sont  assimilées aux divinités Cérès et Pomone. Un enfant joufflu accompagne chaque divinité. L’un, joue avec des gerbes de céréales, l’autre avec des grappes de raisin.
    7. L’eau qui s’écoule rebondit sur le dos de quatre puissants taureaux aux  pattes levées.

 

 

Jardins du Palais Longchamp

 

 

  • Le Palais Longchamp possède plusieurs espaces de jardins.
    1. Les parterres entourant les bassins au niveau de l’entrée principale du site.
    2. Le Jardin botanique. Sur l’arrière.
    3. Le Jardin zoologique. Situé en contrebas, sur l’arrière.

 

Accès au domaine

 

  • Deux portails positionnés de manière symétrique par rapport au bâtiment permettent l’accès au site.
  • Les deux portails sont encadré de piédestaux dominés par des statues de fauves dévorant leurs proies signées du grand sculpteur animalier Antoine-Louis Barye (1795 – 1875).
    1. A gauche. Un  lion et un mouflon avec un tigre et une biche.
    2. A droite. Un lion et un sanglier avec un tigre et une une gazelle.

 

Les allées

 

  • Les allées suivent les courbes du bassin pour aboutir à l’escalier d’honneur.
  • Les premières marches  de l’escalier sont convexes avant de devenir progressivement droites.
  • L’escalier enserre le bassin de réception de la cascade . Il donne accès aux musées.

 

Le jardin zoologique

 

  • 1856. Construction.
  • Le jardin zoologique occupe une surface de 5 hectares.
    1. Trop petit, la municipalité décide de l’agrandir au-delà de l’actuel boulevard Cassini.
    2. Le zoo est  donc séparé en deux parties reliées entre elles par un petit pont enjambant le boulevard.
  • Le zoo compte rapidement près 2450 animaux avec 2000 oiseaux, des mammifères, des reptiles…
  • L’ingénieur Montricher relie  le  plateau au zoo par un escalier qui est  doublé quelques années plus tard.
    1. Une cascade créée par Montricher court le long de l’escalier.
    2. Des canards et des flamants roses y sont installés.
  • Plusieurs cages personnalisées en fonction des animaux ont trouvé une seconde vie avec la rénovation de  ces dernières années.
    1. 1995. L’artiste Raymond Martinez revisite les cages.
    2. Des animaux fabriqués en fibre de verre sont exposés dans les cages abandonnées en 1987.

 

Le parc pour enfants

 

  • Le parc pour enfants est dominé par l’aqueduc.

 

Le jardin botanique

 

 

Statuaire des jardins du Palais Longchamp

 

  • Des bustes et des statues d’hommes de lettres et des arts sont présents dans les jardins.
    1. Valère Bernard.
    2. Monticelli. Oeuvre d’Auguste Carli. Devant l’escalier de la Grande Cascade.
    3. Lamartine. Entrée nord, proche du Planétarium.
    4. Frédéric Mistral accompagné de son héroïne Mireille par Botinelly (1932).
    5. Ernest Reyer. A proximité de l’aqueduc.

 

Musée des Beaux Arts

 

 

  • Aile gauche du Palais Longchamp.
  • Les collections sont particulièrement consacrées à la peinture des 17e s., 18e s. et 19e s.
  • 1801. Un arrêté décide la création de 17 grands musées dans les provinces. Les fonds se constituent à partir de saisies opérées pendant la Révolution.
    1. Ordres religieux.
    2. Sanctuaires.
    3. Nobles émigrés.
  • Le fonds très riche conserve également
    1. Des sculptures originales de Pierre Puget et de Christophe Veyrier.
    2. La Nymphe de la Source, de Jean-Baptiste Hughes (1893).
    3. Des Français, Provençaux, en particulier : Théodore Chassériau, Antoine Constantin, Jean-Baptiste Corot, Gustave Courbet, Honoré Daumier, Marius Engalière, Emile loubon, Jean-François Millet, Adolphe Monticelli, Michel Serre, François Simon, Félix Ziem…
    4. Des Hollandais et des Flamands : Jordaens, Rubens, Snyders…
    5. Des Italiens : Agostino Carrache, Le Guerchin, Giovanni Lanfranco, Pérugin, Tiepolo…
  • 1869. Le Musée des Beaux-Arts du Palais Longchamp ouvre ses portes.
  • 2005. Le Musée est fermé pour d’importants travaux.
  • 2013. Pour l’année de la Capitale de la Culture, le Musée des Beaux-Arts de Marseille rouvre ses portes après une profonde refonte.
    1. Remise aux normes sur les plans de la sécurité, de la climatisation et de l’accès pour les personnes à mobilité réduite.
    2. Restituer au 21e s. l’esprit de l’Empire.
    3. La verrière de la première époque a été restituée.
    4. Les fresques de Pierre Puvis de Chavanne, dans un parfait état de conservation, accompagnent les visiteurs dans le grand escalier.
    5. Le fonds représente plus de 8 000 œuvres. Moins de 300 sont exposées.

 

 

Museum d’Histoire naturelle

 

 

  • Aile droite du Palais Longchamp.
  • 1819. Le Museum naît sous l’impulsion du marquis de Montgrand, maire de Marseille (1813 – 1830) et du comte de Villeneuve-Bargemon, préfet des Bouches-du-Rhône (1815 – 1829).
    1. Jusqu’à l’ouverture du Palais Longchamp (1869), les collections sont entreposées dans l’ancienne bibliothèque de la Préfecture, dans la chapelle des Bernardines et dans la loge dite « Ecossaise » de francs-maçons.
  • 1856. Le Museum est un précieux outil au moment de la création de la Faculté des Sciences de Provence.
  • 1869. Le Museum est ouvert avec le Palais Longchamp.
    1. Les installations, le mobilier, les vitrines murales… sont dessinés par Henry-Jacques Espérandieu, lui-même.
  • Le Museum est considéré comme l’un des plus importants museums d’histoire naturelle en France.
    1. 1967. Le musée est classé 1ère catégorie comme 9 grands museums de France.
    2. Le Museum comporte plusieurs sections
  • 2002. Le Museum est reconnu Musée de France.

 

 

Histoire du Palais Longchamp

 

 

  • Il s’écoule trente ans entre la décision de construire le château d’eau et le commencement des travaux.
  • Les dépenses à engager sont très importantes.
  • Le conseil municipal est divisé.
  • 1834. Printemps / été. Marseille subit une  terrible sécheresse. La pénurie est suivie de pluies diluviennes qui provoquent le débordement de l’Huveaune et du Jarret avec pour conséquence deux épidémies de choléra.
    1. Fin 1834. Le choléra tue 865 personnes.
    2. 1835. Juillet. Le choléra emporte 2576 vies.
  • 1838. 4 juillet. La loi accorde à la ville de Marseille une autorisation de dérivation des eaux de la Durance.
  • 1839. Commencement des travaux du canal avec le percement de la galerie des Taillades.
  • 1839. 15 novembre. Le duc d’Orléans, de retour d’Afrique, pose la première pierre du futur château d’eau. Son discours est prémonitoire. Il déclare ainsi « Poser la première pierre n’est pas malaisé ; c’est la dernière qui est difficile ».
  • 1847. La première pierre avait en effet été posée sans projet… 8 ans après, la ville de Marseille commande un projet à l’architecte marseillais Pascal Coste (1787 – 1879).
    1. Le cahier des charges prévoit d’ajouter au château d’eau un museum d’histoire naturelle.
    2. Le museum doit accueillir d’importantes collections entreposées dans les locaux de l’ancienne loge maçonnique de rite écossais au 49 du boulevard du Musée.
  • 1848. Les événements politiques mettent fin au projet qui resta au niveau d’esquisse…
  • 1856. Construction et ouverture du jardin zoologique.
  • 1859. Le temps a passé…  Jean-François Honnorat, maire de Marseille, commande au sculpteur Auguste Bartholdi (1834 – 1904) un projet de château d’eau.
    1. La première idée de Bartholdi est de créer une fontaine monumentale.
    2. Après plusieurs entretiens, Bartholdi a l’idée de diviser le musée en deux corps de bâtiments avec, au centre, le château d’eau.
    3. Dans un troisième projet, Bartholdi relie les bâtiments par une vaste galerie dont l’entrée est dans l’axe du monument
    4. Les membres du Conseil Municipal sont hésitants… et ils créent une commission composée de spécialistes : Henri Labrouste et Léon Vaudoyer (inspecteurs généraux des édifices diocésains) et Victor Baltard (architecte de la ville de Paris). La commission critique le projet qui est rejeté.
  • 1861. La ville de Marseille règle des honoraires à Bartholdi et le maire Onfroy s’adresse au jeune architecte Henri Espérandieu, alors très en vogue puisqu’il est en charge de la construction de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde.
    1. Cette fois la commande est très précise. Elle porte sur la réalisation d’un château d’eau entouré de cascades abondantes visibles depuis le boulevard Longchamp, d’un muséum d’histoire naturelle, d’un musée des Beaux-Arts et de deux jardins, l’un public, l’autre botanique à l’usage du muséum.
  • 1861. Septembre. Espérandieu présente son premier travail qui prévoit la liaison entre les deux bâtiments  au moyen d’une colonnade.
  • 1862. 7 avril. Le conseil municipal accepte le projet final d’Espérandieu.
  • 1862. 7 juin. Le conseil municipal demande à Espérandieu de réduire d’un quart les surfaces à bâtir, mais l’architecte  ne tient que partiellement compte de cette demande en réduisant les surfaces d’un onzième seulement. Il en est blâmé  mais le conseil municipal, conscient de l’œuvre grandiose en cours de réalisation et des délais devenus urgents, décide de poursuivre ainsi la construction.
  • 1863. Bartholdi  revendique des droits d’auteur notamment sur la colonnade semi circulaire qui est de son invention.
    1. Bartholdi fait également valoir que le paiement de ses honoraires ne rend pas la ville de Marseille propriétaire de ses plans.
    2. A l’issue d’un premier procès, le tribunal de première instance de Marseille déboute Bartholdi.
    3. Après l’inauguration du Palais Longchamp, Bartholdi demande que son nom soit inscrit sur le château d’eau, ce qui est refusé.
    4. 1901. Bartholdi  intente un autre procès à la ville, sans succès. Il saisit  alors la cour d’appel d’Aix qui le condamne à une amende et au paiement des frais.
  • 1869. 15 août. Inauguration du Palais Longchamp. Une médaille commémorative est gravée par Louis Merley (1815 – 1883), graveur et sculpteur français.
  • 1987. Le jardin zoologique doit se séparer de tous ses animaux. L’espace devient un simple jardin public.
  • 2013. Pour Marseille-Provence Capitale de la Culture, le parc zoologique est restauré sans animaux.

 

 

 

 

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